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Ces miniportables qui font trembler l'industrie

L'EEE PC, que l'on imaginait limité aux enfants, finit par démontrer un potentiel impressionnant. Aujourd'hui, c'est tout le marché qui doit s'adapter à cette nouvelle catégorie d'ordinateur.

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Les faits

Après avoir écoulé plus d'un million d'EEE PC, Asus s'apprête à lancer, dès la fin du mois, sa seconde génération de machines. HP entre dans l'arène avec un modèle mieux doté mais plus cher. Acer et Dell fourbissent leurs armes en secret. Tous deux devraient disposer d'un modèle au mois de juin.

L'analyse

' Si l'EEE PC se vend bien, nous serons nombreux à en souffrir. ' Mike Abary, patron des luxueux PC Sony, est inquiet. Et il n'est pas le seul. Qu'ils s'appellent Dell ou HP, Microsoft ou Novell-Suse, tous surveillent de près ce marché du mini-PC portable à moins de 400 euros. Contre toute attente, l'EEE PC d'Asus, vendu 299 euros, a prouvé que beaucoup pouvaient se satisfaire de machines limitées et bon marché. Dans une industrie rythmée par une course folle à la puissance, la remise en cause est douloureuse. Les fournisseurs ont du mal à imaginer un monde où les PC seraient vendus aux prix des téléphones portables. Pris de cours, c'est en catastrophe qu'ils doivent s'adapter.
Pourtant, le miniportable bon marché est un accident industriel. Quand Asus, un banal fabricant de cartes mère, lance son EEE PC en novembre dernier, personne n'y croit. Pas même lui. L'appareil s'inscrit dans la mouvance des portables destinés aux enfants des pays pauvres (programme One Laptop per Child, Classmate PC d'Intel, etc.). Sauf qu'Asus tente le pari de séduire les petits Européens, Américains et Japonais. Bonne pioche ! Alors qu'il pensait en vendre 50 000 à la fin 2007, il en écoule 350 000 ! Cinq mois plus tard, les ventes explosent à plus d'un million d'unités. Asus table désormais sur cinq millions d'ici la fin de l'année. Devant le succès, l'EEE PC, prévu à 200 euros, s'est payé un luxe rare : augmenter ses prix. On comprend l'empressement d'Acer, de Dell et de HP à disposer rapidement d'une offre dans ce domaine. Car les adultes, conquis, n'y voient pas une concurrence à leurs gros portables traditionnels, mais bien une machine d'appoint, petite, ultralégere, parfaite pour surfer le web ou relever les courriels. Et à ce prix-là, ils sont prêts à lui pardonner un processeur d'un autre âge et une capacité de stockage riquiqui.
Aujourd'hui, l'accident industriel est devenu une catégorie à part entière, les opérateurs s'en emparent et les subventionnent comme des téléphones portables. Mieux, des gammes de processeurs leurs sont désormais dévolues : l'Atom chez Intel et l'Isaiah chez Via. Une vague de mini-PC équipés de ces puces est d'ailleurs attendue dès le mois de juin. Même remue-ménage côté système. Vista étant beaucoup trop gourmand, XP en fin de vie et beaucoup trop cher, les constructeurs ont privilégié Linux. L'équipe Ubuntu met la dernière touche à une édition de son système optimisée pour les machines à petit écran et miniclavier. Pour la première fois, c'est donc Microsoft le challenger. Pour rester pertinent sur ce segment, l'éditeur a même ressuscité Windows XP en catastrophe. Le temps d'arriver avec une solution adaptée ?

La Logan de l'informatique

Après les PC à 500 euros et les portables à 1 000 euros, nous entrons dans l'ère du portable à 400 euros. Tout le monde n'en sortira pas indemne. Microsoft sait déjà qu'il fait fausse route avec Vista et Office, des logiciels lourds, incapables de s'adapter à des configurations matérielles légères. Cela ouvre des opportunités aux applications web et aux logiciels libres. Mais les plus touchés seront probablement les constructeurs. Comme dans l'automobile, chacun se doit aujourd'hui d'avoir un modèle ' low cost ', question de survie. Or ces machines vont tirer les prix vers le bas avec un nouveau tarif psychologique fixé à 400 euros. De quoi rogner encore sur des marges déjà laminées. Pire, à l'instar de la Logan qui cannibalise les ventes de Clio et de Twingo, il est probable que ces machines vont phagocyter l'entrée de gamme portable traditionnelle. L'industrie informatique va ressembler un peu plus à l'automobile... pour le meilleur et le pire.

Les ultraportables de luxe démodés ?

Les Pocket PC de type HTC Shift et autres machines ultracompactes de OQO, pas beaucoup plus puissantes, et quatre fois plus chères, sont-elles passées de mode ? Lenovo est l'un des rares constructeurs à jouer la carte du luxe avec lIdeapad U110 (écran 11 pouces, processeur Core 2 à disque 1,6 GHz, 2 Go de RAM, 120 Go de dur et 1 kg), vendu 1 900 euros.

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