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HP a annoncé le 13 mai dernier le rachat de la SSII américaine EDS, numéro deux mondial des services informatiques, pour un montant de 13,9 milliards de dollars (soit 9 milliards d'euros).
Dans la course-poursuite qui l'oppose à IBM, HP a fait un grand bond en avant avec le rachat d'EDS : il s'est emparé de la deuxième société de services mondiale et d'un acteur de renom dans l'infogérance. Cette SSII américaine est une spécialiste des gros contrats d'externalisation, dans le secteur public et la défense en particulier. Le chiffre d'affaires consolidé des deux sociétés dans le domaine des services informatiques avoisine les 38 milliards de dollars.
Avec cette acquisition – la plus importante depuis le rachat de Compaq il y a sept ans – les services informatiques deviennent la première activité du constructeur, légèrement devant la vente de PC (36,4 milliards en 2007). En pratique, EDS reste une entité autonome et récupère l'activité d'infogérance du constructeur. HP gardant la partie maintenance au sein de TSG (Technology Solutions Group), la division qui hébergeait jusqu'à présent, en compagnie des logiciels, des serveurs et du stockage, l'activité de services.
Malgré ce pas de géant, HP reste loin derrière IBM, qui cumule 55,3 milliards de revenus dans les services en 2007. L'offre de HP est également moins diversifiée : le développement d'applications ou le conseil restant deux lacunes du groupe. Depuis le rachat de PwC, le géant d'Armonk est un poids lourd dans ce secteur (18,4 milliards de revenus en 2007 pour la division Business Services).
L'activité d'EDS est principalement polarisée sur la gestion des infrastructures informatiques. Cela en dépit du virage entamé depuis quelques années vers l'outsourcing applicatif, comme en témoignent les deux gros contrats européens gagnés par EDS avec Vodafone et Arcandor. C'est d'ailleurs le paradoxe de cette acquisition : on attendait plutôt d'HP qu'il s'intéresse à une société de services généraliste, et non pas à un spécialiste des infrastructures comme EDS. “ Ils se renforcent dans ce qu'ils savent déjà faire plutôt que sur des services applicatifs complémentaires ”, juge Elisabeth de Maulde, directrice associée du cabinet Pierre Audoin Consultants (PAC). En 2006, une rumeur évoquait pourtant l'intérêt du constructeur pour la SSII CSC.
La question de l'impact social reste, quant à elle, en suspens. Officiellement, la direction n'a évoqué que des économies de frais généraux et administratifs. Mais la fusion pourrait engendrer des suppressions de postes, ne serait-ce que par nécessité de consolider les centres de données des deux sociétés. Des réductions de coûts seront sans doute nécessaires si HP veut garder un niveau confortable de profitabilité. Actuellement, la rentabilité du constructeur dans le domaine des services est très supérieure à celle de la SSII (11 % contre 5 %). “ Il se dit qu'une grosse partie de cette profitabilité viendrait de l'activité maintenance ”, indique Dominique Raviart, analyste chez Nelson Hall. En France, la question de l'harmonisation collective sera vraisemblablement un sujet central. “ HP dépendant de la convention de la métallurgie et EDS de celle du Syntec, moins avantageuse, il y a lieu de s'inquiéter quant à la façon dont la question va être tranchée ”, observe Jean-Paul Vouiller, délégué syndical central CFTC de HP France. Dans l'Hexagone, le regroupement de HP et d'EDS donnera naissance au quatrième acteur des services informatiques, avec 987 millions d'euros de revenus(*) selon l'estimation du cabinet PAC.
(*) Revenus 2007, maintenance incluse.
Effectif : 70 000 salariés environ
Résultat opérationnel : 1,829 Md $ (11 % du CA)
Effectif : 139 000 salariés environ
Résultat d'exploitation : 1,132 Md $ (5,1 % du CA)
















