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Pas besoin de fleurs dans des cheveux longs pour être écolo. Aujourd'hui, le respect de l'environnement se décline aussi en costume cravate. Sensibilisation du comité de direction, motivation des efforts individuels des utilisateurs, achat d'équipements consommant moins d'énergie : les DSI ont un rôle important à jouer dans l'instauration des bonnes pratiques visant à rendre l'entreprise écoresponsable.
“ Nous recyclons environ 1 500 machines chaque année. Pour cela, nous les confions à un prestataire qui nous délivre un certificat de recyclage. Cette opération nous coûte 10 000 euros par an ”, détaille Gilles Courbon, DSI adjoint du département du Rhône. Par ailleurs, 500 PC sont attribués annuellement à des associations d'insertion sociale ou d'éducation. Une démarche similaire à celle qu'a initiée Stéphane Rousseau, DSI d'Eurovia. Mais sur les 800 machines qui arrivent en fin de vie chaque année, le groupe de travaux publics paie au poids pour les matériels inutilisables. Attention, il n'est pas question de se payer une bonne conscience, le recycleur doit fournir un certificat de recyclage responsable. “ Et cela ne suffit pas ”, intervient Christian Grellier, DSI de Bouygues Immobilier, qui réfléchit à auditer son prestataire. Cette démarche, Eurovia l'a déjà entreprise en analysant l'ensemble de la chaîne de recyclage dans laquelle ses PC sont susceptibles d'être envoyés. La démarche de McDonald's est, elle, assez différente. La direction des systèmes d'information sensibilise les franchisés au recyclage des déchets électroniques et les assiste. Pour cela, chaque restaurant reçoit une fiche explicative vantant les mérites du recyclage, ainsi que les coordonnées d'une entreprise locale qui sera en mesure de fournir le service d'enlèvement des PC et autres systèmes de caisse. C'est environ 6 à 7 000 machines que les 1 100 restaurants envoient en recyclage chaque année. Pour une somme très symbolique : “ Cela tourne autour de 35 euros pour un déplacement, quel que soit le nombre de pièces à enlever, dans la mesure du raisonnable ”, explique Michel Masson, son DSI.
Le département du Rhône a décidé, désormais, d'acheter ses postes de travail, plutôt que de les louer. Alors que les contrats de location ont souvent une durée de trois ans, “ nous utilisons les nôtres sur six ans environ ”, explique Gilles Courbon. Christian Grellier souhaite, lui aussi, étendre un peu plus la durée de vie des équipements : cinq ans pour les PC et quatre ans pour les portables.
Sur ce thème, l'avis de Stéphane Rousseau tranche : “ Les cycles de vie ont plutôt tendance à se raccourcir. Notamment parce que les applications, même les plus simples comme la bureautique ou la messagerie, deviennent de plus en plus lourdes. Et les PC anciens ne sont pas assez puissants pour les faire tourner ”. Et d'ajouter que si l'on veut installer des solutions de visioconférence, par exemple pour économiser sur les voyages, il faut des machines performantes.
Au-delà de l'économie d'énergie, très importante, une vraie réflexion est en cours sur ce que sera le poste de travail à l'avenir. “ Nous regardons ce que pourrait donner le déploiement de clients légers, voire la virtualisation totale du poste de travail, explique encore Gilles Courbon. Le déploiement, par la DSI, de solutions de gestion de l'énergie et des équipements, notamment pour piloter les dépenses énergétiques des bâtiments du département, est inéluctable. ” Sur ce point aussi, Christian Grellier rejoint son confrère du département du Rhône. Ses fournisseurs sont tenus de fournir des machines à la norme Energy Star, mais ce n'est pas tout : “ Nous privilégions vraiment la performance plutôt que la puissance. Et beaucoup de collaborateurs n'ont pas besoin d'une machine à forte puissance de calcul ”.
Chez Eurovia, l'analyse diffère encore une fois. “ Les économies d'énergie de la DSI sont importantes, mais elles ne constituent pas une fin en soi, explique Stéphane Rousseau. Il ne faut pas avoir peur, peut-être, de dépenser un peu plus à ce niveau pour que l'entreprise, dans son ensemble, arrive à consommer beaucoup moins et soit plus écoresponsable ”. Ainsi, il faut peut-être passer par quelques équipements supplémentaires pour déployer des outils de communication unifiée, de vidéo, afin de réduire les déplacements des collaborateurs.
Chez McDonald's, les technologies informatiques sont également mises à contribution pour améliorer l'ensemble de la politique de développement durable. Une application a ainsi été développée spécialement pour les franchisés du groupe. Baptisée Eco Progress, elle permet à chaque restaurant de suivre sa consommation d'énergie et son niveau de déchets rejetés. Cet outil permet également de se comparer aux autres restaurants, ainsi que de recevoir des alertes en cas de consommation trop importante.
L'externalisation des ressources informatiques est une autre source d'économie d'énergie. Là encore, les DSI pourraient être accusés de vouloir s'acheter une bonne conscience, en confiant à un hébergeur le soin de bichonner, et surtout de refroidir, leurs serveurs. C'est en fait le fruit d'un calcul logique : “ Il n'est pas évident qu'il faille deux fois la puissance pour refroidir deux serveurs au même endroit ”, avance Christian Grellier, qui réfléchit sérieusement à la question.
Faut-il aller jusqu'à se faire construire un “ green office ” (immeuble capable de produire plus d'énergie qu'il n'en consomme), comme celui que se fait construire Bouygues à Meudon ? Pourquoi pas. Encore faut-il, rappelle son DSI Christian Grellier, le doter d'outils de gestion très élaborés… pilotés grâce à l'informatique.
A en croire les DSI, les fournisseurs d'équipements informatiques n'ont pas pris le pli de l'écologie et ne se sentent en général pas très concernés. Une des missions du DSI est désormais d'intégrer, lors des appels d'offres, des exigences fermes sur les matériaux utilisés, mais également des garanties sociétales. “ Quand on a un choix à faire en termes d'équipements, on s'aperçoit que l'aspect développement durable n'est pas suffisamment pris en compte par les constructeurs. En général, c'est à nous d'aller chercher ces informations ”, affirme Stéphane Rousseau. Dommage pour les constructeurs, car un “ label écolo ” est désormais un argument de vente sérieux et bien accueilli par les DSI. Et Michel Masson de relater une anecdote : “ En 2006, l'un de nos fournisseurs de caisses électroniques n'était pas en mesure de nous fournir des matériels conformes ROHS (Restriction of the use of certain Hazardous Substances). Alors nous avons passé commande chez un de ses concurrents. L'appel d'offres portait sur un millier de caisses… ” Cette commande ratée a fait réfléchir le fournisseur, qui a mis moins d'un an pour se rendre compatible ROHS. Un peu tard. Dommage… Ce cas souligne toutefois le rôle que les DSI peuvent avoir vis-à-vis de fournisseurs qui ne sont pas encore sur les sentiers du développement durable.
La mission des DSI commence à l'intérieur de l'entreprise. Ils doivent imposer des technologies mais aussi des gestes écologiques (extinction de l'écran, de l'unité centrale, réduction du nombre d'impressions, utilisation de poubelles spéciales pour certains éléments tels que le toner, etc.). “ L'éco-responsabilité passe surtout par les collaborateurs ”, entonnent-ils ensemble. Mais aussi par les outils délivrés par la DSI. Ainsi, si bien souvent les entreprises focalisent leur attention sur les grands déplacements autour de la planète des cadres de l'entreprise, des actions indirectes mais complémentaires peuvent être menées sur des échelles plus grandes et à moindre coût. Bouygues Immobilier et le département du Rhône ont ainsi mis en place un intranet dédié au covoiturage, qui a pour conséquence de réduire la consommation d'énergie liée au transport quotidien des employés. Encore un petit apport de l'informatique pour des entreprises qui se veulent de plus en plus respectueuses de l'environnement.
Michel Masson, DSI
“ Cette note ne signifie pas qu'on n'est pas efficace dans le développement durable. Mais qu'il reste beaucoup de travail à faire. ”
5/10
Gilles Courbon, DSI adjoint
“ Nous avons porté nos efforts sur le recyclage et la limitation des déplacements de nos utilisateurs. ”
6/10
Christian Grellier, DSI
“ Nous avons une conscience verte depuis longtemps et nous devons continuer les efforts dans ce domaine. ”
7/10
Stéphane Rousseau, DSI
“ Les DSI ne sont pas assez accompagnés par les fournisseurs dans la recherche de solutions vertes. ”
7/10
En mars 2008, le cabinet Vanson Bourne a révélé les résultats d'une étude conduite pour le compte de la société Overland Storage, auprès de 300 DSI en France, au Royaume-Uni et en Allemagne, sur les critères de choix d'une solution de sauvegarde.
Surprise ! Avec 31 %, la France arrive en tête en pourcentage de DSI plaçant l'écologie au faîte de leurs préoccupations, devant le coût, l'évolutivité, la performance, l'interopérabilité et la facilité d'utilisation.
Menteurs ou pas ? Car considérés souvent comme plus impliqués, les Allemands se sentent eux aussi très concernés. 72 % des DSI allemands interrogés ont ainsi classé ce critère parmi les trois les plus importants. Loin devant leurs homologues britanniques, dont seulement 22 % mentionnent le respect de l'environnement parmi leurs trois premiers critères d'achat.
Pour améliorer l'écoresponsabilité de ses restaurants, tenus par des franchisés, McDonald's a développé l'application Eco Progress. D'un côté, elle présente de nombreuses informations de sensibilisation au respect de l'environnement. De l'autre, elle encourage, par le suivi d'indicateurs constitués à partir d'informations collectées par les exploitants, la recherche d'une véritable efficacité énergétique.
















