Netapp fait appel au cache
Pour remédier à la stagnation des performances des disques durs, le constructeur propose à ses clients de multiplier les mémoires tampons. Une pratique éprouvée, à défaut d'être très novatrice.
01net.
le 19/06/08 à 00h00
Les faits
Netapp commercialise les Performance Acceleration Modules pour créer un cache étendu en lecture sur ses baies FAS, et la technologie Flex Cache pour mettre en place des caches locaux d'accès aux données NFS.
L'analyse
Alors qu'EMC et HDS se convertissent aux disques durs Flash (SSD), Netapp choisit la voie de la multiplication des caches. Son Performance Acceleration Module (PAM) doit accélérer les performances des applications gourmandes en lectures aléatoires de petits blocs. Le système d'exploitation des baies de stockage Netapp, Data Ontap, exploite cette carte d'extension équipée de 16 Go de mémoire comme un cache de second niveau en lecture, complémentaire de celui des contrôleurs de la baie. Le constructeur veut remédier à une tendance problématique de l'industrie du stockage. Les volumes des disques augmentent bien plus vite que leurs performances, en débit et plus encore en entrées-sorties. Ces dernières dépendent, en partie, de la vitesse de rotation des disques, qui n'évolue guère. Pour contourner cela, les constructeurs recourent à des contrôleurs RAID qui répartissent les entrées-sorties sur plusieurs disques, et à des caches intégrés de taille croissante associés à des algorithmes de gestion de plus en plus perfectionnés. Netapp pousse cette logique plus loin, et affirme que ses PAM procurent des gains de performances comparables à l'ajout d'un groupe de disques rapides (15 000 tpm). Ces derniers coûtent cher, de 1 000 à 2 000 € par disque. Le module PAM aussi : un peu moins de 10 000 euros HT, plus une licence logicielle à 13 000 euros HT par contrôleur. Côté consommation, un module PAM se satisfait de 18 watts, l'équivalent d'un seul disque FC.
Des disques SSD pour plus tard
N'y aurait-il là qu'un pis-aller en attendant des disques SSD apportant des bénéfices comparables ? ' Non, assure Bruno Picard, directeur technique de Netapp France. L'utilisation de SSD demanderait des modifications d'algorithmes bien plus importantes sur nos systèmes, et le rapport prix-capacité du SSD n'est pas encore très attirant. ' Les SSD viendront plus tard.
Si un cache ne suffit pas, Netapp en propose un second pour l'accélération des échanges NFS. La technologie Flex Cache facilitera l'accès à un serveur de fichiers à travers le WAN, technique connue sous le nom de WAFS (Wide Area File System), ou améliorera les performances des accès locaux. Ce dernier cas concerne le petit nombre d'utilisateurs très intensifs de NFS : clusters HPC, traitement d'images, ingénierie, industries de l'énergie. Flex Cache crée, en fait, un cache local dun volume NFS, solution probablement efficace, mais frustre. En mode WAFS, elle ne gère que NFS, alors que les produits de la concurrence gèrent tous CIFS et fournissent des services de compression de données. Et en mode local, le remède au besoin de performances se nomme stockage en grille...
Une offre qui contourne la faible évolution des performances des disques durs
En quinze ans, la capacité des disques durs a été multipliée par 1 000. Mais dans le même temps, leur vitesse de rotation a seulement triplé. Les performances des disques en entrées-sorties, qui dépendent en grande partie de cette vitesse de rotation, évoluent donc médiocrement.