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Lorsqu’en 2000 Pékin se lance dans le projet TD-SCDMA, l’idée est de développer un standard 3G local pour ne pas à avoir à payer de royalties sur les brevets étrangers et pour assurer leur dominance sur le marché national.
Au début de l'année 2006, le gouvernement annonce officiellement la sélection du TD-SCDMA comme standard 3G national et le début de tests techniques dans plusieurs villes. Le plan prévoyait de laisser un peu de marge au standard grâce à des tests commerciaux, puis de distribuer toutes les licences d’un coup, y compris celles des autres standards, WCDMA et CDMA2000.
Les difficultés techniques rencontrées dès le départ ont considérablement retardé l’arrivée de la 3G et, à la veille des JO, les licences n’ont toujours pas été accordées. Les équipementiers qui ont misé sur le TD-SCDMA se retrouvent sous pression, car aucun revenu ne vient équilibrer les investissements consentis. Le coup de grâce est venu récemment, avec le premier test commercial du standard.
China Mobile, l’opérateur numéro un dans le pays, a lancé au mois d'avril une offre 3G TD-SCDMA dans huit grandes métropoles moyennant 2,85 milliards de dollars d’investissement pour une capacité totale de 8 millions d’utilisateurs. L’objectif de la première phase était d’atteindre rapidement les 60 000 souscripteurs mais, en deux semaines, moins de 2 000 téléphones ont été vendus, un vrai flop.
Les premiers à en pâtir sont les fondeurs locaux, souvent critiqués pour leur incapacité à fournir un matériel mature. Ainsi Commit Inc., pourtant soutenu par LG, Nokia et Texas Instrument, a déposé le bilan à la fin du mois d'avril, faute de pouvoir trouver de nouveaux fonds. Aujourd’hui c'est un autre fondeur chinois, T3G, qui se retrouve dans la tourmente avec l’équipementier géant chinois Datang, pourtant pionnier du TD-SCDMA, qui vend ses 32 % de participation. Des rumeurs parlent de STMicroelectronics comme repreneur éventuel, alors que Samsung et Motorola ont également des parts dans le fondeur.
Dans le même temps, China Mobile s’est vu ordonner l’accélération du déploiement du réseau 3G à la mode locale par le ministère de l’Industrie et de l’Information, lors d’une réunion de crise. L’opérateur s’est aussi vu confirmer l’obtention d’une unique licence pour le TD-SCDMA alors qu’il espérait assurer ses arrière en déployant également un réseau WCDMA.
Cette série de mauvaises nouvelles pour le standard 3G chinois arrive alors que l’ensemble du secteur des télécoms est déjà en pleine restructuration, en vue de créer des géants locaux capables de faire face à une concurrence internationale plus mature. Avec le TD-SCDMA, Pékin apprend à ses dépends qu’il est difficile d’imposer un standard technologique sur décision politique, même quand les acteurs se prêtent au jeu. Certains analystes vont jusqu'à préconiser à la Chine de sauter l’étape (infructueuse) de la 3G et de passer directement à la 4G…
















