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En ces temps de soldes, si les bonnes affaires courent le Web, ce n'est pas le cas pour les produits Oracle. L'éditeur vient en effet de publier il y a une quinzaine de jours sa nouvelle liste de prix. Et force est de constater que l'américain ne pratique pas de rabais. “ Les applications précédemment facturées à 3 995 dollars (1) par utilisateur augmentent de 15 % à 4 595 dollars par utilisateur. Et le tarifs des bases de données a pris 18,75 %, passant de 40 000 dollars par CPU à 47 500 dollars par CPU ”, précise R. “ Ray ” Wang, spécialiste de Forrester Research, dans son analyse Oracle List Prices Shift : Don’t Panic (2).
Les futurs utilisateurs de BEA, racheté en début d'année par Oracle, n'ont pas été oubliés. Ce sont même eux qui paieront le prix fort : toujours selon Forrester Research, le prix de BEA WebLogic Server est désormais de 25 000 dollars par CPU, contre 17 000 dollars précédemment, soit une augmentation de 47 %.
“ Les prix listes n'ont rien à voir avec le prix que l'entreprise paye réellement, tempère Jean-Jacques Camps, président de l'AUFO, l'Association des utilisateurs français d'Oracle. Le prix est le résultat d'une histoire. Histoire de l'entreprise avec Oracle, mais aussi du moment où le contrat a été signé. ” La grande majorité des entreprises ne payent en effet pas le prix fort. “ Seule une petite PME qui achète une licence au coup par coup doit payer le prix fort, et encore... ”, assure Jean-Jacques Camps.
R. “ Ray ” Wang en profite pour prodiguer quelques conseils avisés aux entreprises : ne payez jamais les prix listes, focalisez-vous sur la valeur totale du contrat et non sur une remise en pourcentage, réduisez les charges de maintenance, etc. Sur ce dernier point, Forrester Research conseille aux utilisateurs européens qui ont signé leur contrat avant 2006 de renégocier la partie maintenance afin que la dévaluation du dollar soit prise en compte.
Il est un autre élément qu'Oracle n'a pas non plus fait baisser : la complexité de sa tarification. L'éditeur dispose même d'une équipe dédiée pour aider les clients à évaluer l'utilisation exacte des produits Oracle dans leur entreprise et donc le prix qu'ils doivent réellement payer.
Malheureusement, aucun responsable d'Oracle France n'a trouvé de temps pour nous aider à comprendre les nouvelles tarifications et répondre à nos questions sur la prise en compte de la virtualisation notamment.
Il faut dire, que sur le sujet des prix, l'éditeur cultive le secret. Les clients sont en effet liés par une clause de confidentialité sur les tarifs et les remises qu'ils ont obtenues. Il y a quelques années, un groupe de travail sur le sujet – regroupant le Cigref, l'AUFO et Oracle – avait d'ailleurs tourné court, à cause de ces clauses.
“ Nous avions pourtant des interrogations très pratiques sur le système. Par exemple, si une entreprise passe de 500 à 200 utilisateurs d'une application Oracle, puis repasse à 600 utilisateurs, doit-elle payer 400 nouvelles licences ? Seulement 100 ? Les frais de maintenance sont-ils calculés sur 200 utilisateurs ou sur 500 durant la période de sous-utilisation ? ”, se souvient Jean-Jacques Camps.
Pourtant les utilisateurs d'Oracle ont une idée bien précise de l'évolution parfaite de la tarification. “ Dans l'idéal, on rêverait d'une tarification qui soit basée sur des indicateurs métiers et pas sur des indicateurs logiciels. Par exemple, pour un constructeur automobile, que sa tarification soit liée au nombre de véhicules produits grâce au logiciel et non au nombre d'utilisateurs ”, imagine Jean-Jacques Camps.
(1) les tarifs d'Oracle sont des tarifs mondiaux.
(2) Hausse des prix listes d'Oracle : ne paniquez pas.
















