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Ce mercredi 2 juillet 2008, Alcatel-Lucent et l'Institut national de recherche en informatique et en automatique, l'Inria, ont inauguré un tout nouveau laboratoire commun consacré aux “ réseaux auto-organisés ”.
“ Réseau auto-organisé ”, “ autogéré ”, ou encore “ autoadaptatif ” sont autant d'appellations pour définir un même concept. Celui de réseau automatisé à l'extrême. “ Le Web du futur sera profondément marqué par les échanges automatisés machine to machine. Ceux-ci vont supplanter les échanges entre personnes, qui ne représenteront plus qu'une minorité des échanges sur Internet ”, a expliqué Olivier Baujard, PDG d'Alcatel-Lucent France, lors d'une conférence de presse, mais aussi sur les ondes de BFM à l'occasion d'une interview dans l'émission Good Morning Business.
“ Il faut que les réseaux apprennent à se débrouiller tout seuls. Ils devront s'autodétecter, s'auto-organiser, s'autoconfigurer, s'auto-optimiser mais aussi s'autoréparer et analyser eux-mêmes leurs vulnérabilités ”, précise Olivier Audouin, directeur opérationnel du laboratoire commun.
Ce laboratoire travaillera donc exclusivement sur ces sujets. Dans un premier temps pour une durée de quatre à cinq ans.
“ Les défis d'aujourd'hui sont une mobilité massive et une volonté ubiquitaire de se connecter de n'importe où, quel que soit le moyen de connexion. L'émergence de l'Internet des objets va impliquer un challenge sur l'architecture des réseaux. La qualité de service est elle aussi un défi. Elle doit être garantie de bout en bout au travers de multiples opérateurs et de multiples réseaux ”, explique Olivier Audouin.
Concrètement, le laboratoire est organisé autour de trois axes de recherche, chacun d'entre eux étant dirigé par un duo composé d'un membre de l'Inria et d'un membre d'Alcatel-Lucent : la haute gestion (high manageability), les réseaux sémantiques et les réseaux sans fil optimisés.
Le premier concerne les tests de vulnérabilité des protocoles, l'autoévaluation des risques, les modèles de systèmes discrets distribués, les algorithmes distribués, etc.
Le groupe des réseaux sémantiques travaillera sur la caractérisation sémantique et statistique des flux, l'extraction des données du réseau, l'inspection en profondeur des paquets, les files d'attente, les algorithmes d'arbitrage, etc. L'objectif est que le réseau reconnaisse la nature du trafic et s'y adapte automatiquement.
Enfin, le dernier groupe travaillera sur des éléments qui permettont une “ composition dynamique et sans couture de ressources à travers de multiples terminaux, réseaux et fournisseurs de services ”. Seront donc étudiés les modèles de mobilité de ressources radio, les algorithmes adaptatifs, les modèles géométriques de réseaux cellulaires, etc.
Les résultats attendus sont des définitions d'architectures, des algorithmes, des démonstrations (proof of concept) mais aussi des protocoles. “ L'introduction des premiers produits commerciaux issus de ces recherches devrait se faire dans les cinq à dix ans ”, affirme Olivier Audouin.
Ce laboratoire a pour autre particularité d'être virtuel. Les chercheurs de ce laboratoire ne sont en effet pas regroupés au sein d'un même lieu. “ Chaque chercheur reste dans son institution ”, a ainsi expliqué Michel Cosnard, PDG de l'Inria, pendant la conférence de presse. Les cinquante chercheurs du laboratoire, dont seize sont de jeunes chercheurs spécifiquement recrutés pour le projet, sont répartis sur six sites : Nantes, Paris-Villarceaux, Rennes, Lyon, Grenoble et Sophia-Antipolis.
















