Quel avenir pour les noms de domaine ?
La réunion de l'Icann qui s'est tenue à la fin du mois de juin à Paris a été d'une intensité rare. L'accord de l'organisme pour une libéralisation de la création de nouvelles extensions génériques devrait
bouleverser le monde des noms de domaine. Perspectives.
01net.
le 03/07/08 à 14h00
sommaire
Voir tout le sommaire
On compte actuellement vingt et une extensions dites ' génériques '. Elles se distinguent des extensions rattachées à un territoire (.fr français, .de allemand, .cn chinois, etc.). Les génériques sont fièrement
représentées par l'incontournable .com et par son acolyte .net. Dans cette catégorie, on retrouve les moins connues .coop (coopératives), .museum (musée) et .aero (aéronautique). Ce groupe d'extensions va s'agrandir à vue
d'?"il avec la libéralisation de l'Icann.
Chaque secteur d'activité, chaque culture, chaque ville ou, plus globalement, chaque entité va pouvoir créer sa propre extension. Réfléchissons quelques minutes à quoi pourraient ressembler les extensions de demain. Les créateurs
de projets n'étant pas de généreux philanthropes, l'extension devra avoir un minimum de logique économique.
Concentrons-nous donc d'abord sur les secteurs porteurs du Web. Le sexe ? Le retour de l'Icann sur le sujet est attendu. Après la rocambolesque annulation du .xxx, l'autorité mondiale du nommage sur Internet
va-t-elle accepter une extension liée au contenu adulte ? Pas sûr : une des limites imposées par l'Icann est qu'un projet ne devra pas être contraire à la morale et aux bonnes m?"urs. Si une extension adulte était
acceptée (le monde du Web y est plutôt favorable), des petites s?"urs comme les .sex et .porn pourraient voir le jour.
Autre activité génératrice de revenus : les jeux en ligne en tout genre. L'industrie se limitera-t-elle à un généraliste .game ou .games ? Ou ira-t-elle plus loin avec un .poker, un .bet, un .casino ?
Extensions sectorielles, urbaines, culturelles, etc.
Quelles seront les autres extensions liées à un domaine d'activité ? Il suffit de prendre un portail généraliste pour s'en faire une idée. Les .shop, .bank, .cars, .video, .maps, .realestate, .search, .kids, .mail, .weather,
.health, .music, .law, .pc, etc. viendront-ils s'ajouter aux .jobs et .travel déjà existants ?
Des projets sont déjà avancés, comme le .sport. Mais cette extension n'est-elle pas trop généraliste ? Un .soccer ou un .foot ne serait-il pas plus approprié pour les fans de football ? Et pourquoi pas un .barca pour
les aficionados du principal club de Barcelone ? Jusqu'à quel degré de précision iront ces nouveaux noms de domaine ?
Autre type de projet d'extension, bien que toujours générique, celui rattaché à une ville. Les .berlin, .paris ou .nyc ont déjà franchi quelques étapes vers la naissance de leur identité numérique. D'autres grandes villes
devraient suivre : un .ldn pour Londres ? Un .tokyo, un .saopaulo, un .delhi, un .shanghai ou bien un .la pour Los Angeles (ah non, c'est déjà l'extension du Laos !).
Il faut également tenir compte de toutes les extensions culturelles ou régionales rattachées à une communauté partageant une langue et/ou des racines communes. Sur le modèle du .cat catalan, le .bzh breton, le .esk basque, le .cym
gallois, le .qc québécois vont peut-être naître dans les prochains mois.
Mais à force de tirer sur la corde, les budgets noms de domaine des sociétés ne risquent-ils pas de fondre ? Surtout, est-ce que ces nouvelles extensions vont s'imposer ? A part le .mobi
(lire notre article à ce sujet), quelle extension générique s'est réellement imposée ces dernières années ? On risque de se retrouver
confronté à un marché d'initiés, éloigné du grand public... ce qui renforcerait la valeur du .com. La seule extension incontournable, reconnue de tous.
Chronique publiée en partenariat avec le
MailClub.