L'informatique verte trop chère pour les entreprises ?
L'hébergeur américain Rackspace a sondé ses clients. Ils se révèlent peu enclins à payer pour rendre leur informatique plus verte.
01net.
le 03/07/2008 à 16h05
L'hébergeur américain Rackspace avait déjà sondé sa clientèle en 2007, au sujet des problématiques environnementales et de l'impact de l'informatique sur le changement climatique. Avec les changements technologiques et économiques des derniers mois, il décide de reprendre l'expérience en 2008 et nous livre en juin les résultats de l'enquête.
Surprise : parmi les réponses aux 3 000 e-mails envoyés aux clients de Rackspace, on note que, par rapport à la première étude, même si les professionnels sont toujours aussi conscients de l'impact qu'ils ont sur l'environnement, ils ont plus de mal à mettre la main à la poche afin de rendre leurs serveurs plus “ verts ”. Seulement 41 % des clients de Rackspace sont d'accord pour la GreenIT si elle correspond à une augmentation de dépense de 5 à 10 %, alors qu'en 2007 ils étaient 52 % à accepter de payer cet excédent.
Un surcoût de 15 %
Pour Frédéric Bordage, rédacteur du blog GreenIT.fr, “ on est à une charnière où les professionnels doivent effectuer un investissement, correspondant en moyenne à un surcoût de 15 % ”, afin d'avoir, par exemple pour les serveurs, des machines moins gourmandes en énergie, gérant mieux les données et toujours aussi efficaces. “ Le retour sur investissement arrive alors dans un délai pouvant varier entre 6 à 8 mois, selon les régions du monde concernées ”, retour sur investissement dû notamment aux économies d'énergie.
Bref, il s'agit d'un choix stratégique à effectuer. Mais comme le précise Frédéric Bordage, “ si, comme dans l'enquête, on leur pose la question de “payer plus cher pour sauver la nature”, ou d'“investir pour faire des économies d'énergie”, on risque d'avoir deux réponses différentes… ”
Ainsi en France les exemples de grandes entreprises qui ont sauté le pas existent, tels RTE, Bouygues Immobilier, et Rhodia. Fernando Birman, en charge de la stratégie de l'informatique(*) chez le chimiste lyonnais, explique même que “ la GreenIT est une mission stratégique. On peut avoir un investissement de départ lourd, mais si les tâches sont bien distribuées, si les processus sont bien établis, on peut réussir à absorber les coûts sur la durée ”. La Green IT, une stratégie payante, financièrement parlant également.
(*) Article modifié le 4 juillet 2008. Fernando Birman s'occupe de la stratégie de l'informatique de Rhodia, et non de sa stratégie d'entreprise.
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