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1986 : Maurice Bourlier fonde Arès, une société de services et de conseils en informatique (SSCI), et établit rapidement un nouveau modèle, la société de services et de distribution en informatique (SSDI). Arès devient l'un des principaux acteurs de la distribution et du service informatique en France et affiche une santé de fer pendant une belle vingtaine d'années.
Puis la conjoncture devient moins propice à ses activités : au milieu des années 2000, les gros constructeurs (HP, IBM, Dell) commencent à fournir directement aux entreprises des solutions d'installation matérielle, empiétant sur les plates-bandes du français. C'est le début de la déchéance. L'entreprise cède son secteur de distribution de micro-informatique en octobre 2006. Un plan de restructuration est annoncé, 80 personnes sont touchées. Maurice Bourlier tire sa révérence en décembre, vingt ans après les débuts prometteurs.
Il est remplacé au décisionnel par Michel Berjamin. Arès annonce un changement de cap : au revoir la distribution (qui représente encore à ce moment-là 70 % du chiffre d'affaires), bonjour les services.
L'entreprise se réorganise. Elle axe ses efforts sur les solutions d'infrastructure, de services, de réseaux et de progiciels. L'année fiscale 2006-2007 (parvenue à échéance le 31 mars 2007) s'achève avec un chiffre d'affaires en baisse et des pertes nettes de 12 millions d'euros. Ce qui n'empêche pas la direction d'afficher des objectifs optimistes (un résultat net positif pour 2008), l'entreprise effectuant même une acquisition dans le domaine de la sécurité (Selectis). Le second semestre 2007 semble confirmer ces espoirs, les résultats opérationnels atteignant l'équilibre. Enhardi, Arès annonce en décembre l'achat d'Adequat et de Databail, spécialistes respectivement des infrastructures IBM et de la location et du financement de parcs informatiques.
Puis, surprise, Arès vend en mars 2008 son secteur édition pour 6 millions d'euros, soit les logiciels Arcole et Actipidos, qui avaient engendré 4 millions d'euros sur l'exercice 2007. Cent personnes sont concernées. Pire encore, en juin, l'entreprise annonce vouloir se séparer de son pôle infrastructure, renforcé pourtant six mois auparavant par l'achat d'Adequat et de Databail. Arès ne veut plus se concentrer que sur son activité de services. L'optimisme du début d'année s'estompe. La crise couve.
Ce que confirment les résultats de l'exercice 2007-2008, publiés le 11 juillet : perte nette de 28,9 millions d'euros. Arès annonce le 18 juillet la cession de la totalité de son pôle infrastructure (362 personnes concernées). L'entreprise se déclare en cessation de paiement. Le 21 juillet, le tribunal de commerce d'Evry place Arès en redressement judiciaire avec une période de contrôle de six mois.
Les employés sont ulcérés : on leur annonce un chiffre d'affaires de 329,1 millions d'euros, en baisse de 82,6 millions d'euros, alors que celui promis était de 400 millions d'euros. Et surtout aucune information ne leur a été livrée pendant l'année, le site de la section syndicale CFE-CGC d'Arès reprochant à la direction de “ ne pas avoir jugé utile de [les] alerter au(x) moment(s) opportun(s), en [les] laissant attendre la réalisation d'une prévision d'un retour à l'équilibre pour l'exercice 2007-2008 ”. La douche froide des transferts et de la restructuration est d'autant plus désagréable à subir.
Cependant, la direction assure dans son communiqué de presse que “ l'activité de l'entreprise se poursuivra normalement pendant toute la période d'observation de six mois et que, parallèlement Arès, s’attelle à la mise en place d’un plan de continuation sur le pôle services ”. Les 1 300 salariés sont dubitatifs.
Reste à savoir comment Arès abordera sa transformation en SSII face à des concurrents très agressifs.
















