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La direction des applications militaires du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et l'entreprise Bull ont signé un contrat de collaboration pour concevoir un nouveau supercalculateur, portant le doux nom de Tera100.
“ Inclure la part de recherche et développement dans ce type de contrat est une première pour le CEA. Et pour les constructeurs, il devient difficile, voire impossible, de concevoir de tels projets sur leurs fonds propres ”, explique Jean Gonnord, chef de projet simulation numérique et informatique au CEA. Bull suit donc l'exemple d'IBM ou de NEC, lesquels ont signé des partenariats avec des agences gouvernementales, respectivement américaine et japonaise.
Le monstre français sera développé dans un laboratoire extérieur au CEA à partir du mois de septembre 2008. “ Ce sera une entité regroupant 200 à 300 ingénieurs, dont un quart environ provenant du CEA ”, précise Jean Gonnord.
La machine sera conçue pour le projet de simulation du CEA – utilisé pour la fabrication et le perfectionnement des armes nucléaires – et pour des applications industrielles, à la différence des machines destinées à battre des records de vitesse de calcul.
“ Le Roadrunner d'IBM, qui a passé la limite du pétaflop [10^15 ou plus de 1 million de milliards d'opérations à virgule flottante par seconde, NDLR] en mai dernier, est une belle réalisation technique. Mais c'est une machine de course, absolument pas destinée à la production comme le sera le Tera 100. Les questions de stabilité et de traitement des données étaient hors du champ de leur projet, alors qu'elles seront au cœur du nôtre. ”
Un cahier des charges strict accompagnera le développement de la machine : dépassement de la barre du pétaflop en calcul, logiciel commandant la machine développée en open source (la distribution restant à définir) et puissance nécessaire inférieure à 5 mégawatts.
“ La question énergétique est le gros défi technique. Si l'on construisait le Tera100 en partant de l'architecture de son prédécesseur, le Tera10, on aboutirait à une puissance consommée de 15 mégawatts. Diviser par trois ce chiffre, voilà l'un des enjeux de notre projet. ”
Outre sa capacité de calcul, le Tera100 devra être capable de traiter des ressources entrée/sortie de 20 téraoctets en ligne, donc posséder plusieurs dizaines de milliers de disques durs. Il comprendra plusieurs milliers de nœuds réseau dans son architecture et devra fournir un débit données de 500 gigaoctets par seconde. Le supercalculateur occupera une surface de 600 à 700 mètres carrés. Date de livraison du monstre : mi-2010.
















