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Tout blogueur disposant d'un flux RSS et possédant un nombre minimal d'abonnés en rêve peut-être : pouvoir se rémunérer en plaçant des publicités dans son flux. En intégrant ce type de contenus à sa gamme AdSense, Google risque donc d'intéresser du monde. Du moins ceux qui passent par le réseau de FeedBurner, une société rachetée en juin 2007.
Le but de Google était alors simple : profiter du portefeuille d'éditeurs de blogs de FeedBurner (près de 2 millions de flux) pour glisser des pubs dans les contenus RSS de ceux-ci. Une première phase de test a été lancée en mai, avec certains des plus gros blogueurs américains.
Et c'est là que le bât a commencé à blesser. Auparavant, les éditeurs dont l'audience était supérieure à 1 000 abonnés avaient accès, avec FeedBurner Ad Network, à un panel d'annonceurs ciblés en fonction de leur thématique (une publicité automobile pour les CSP+ abonnés à un blog de nouvelles technologies, par exemple). Google, lui, propose à tous les blogueurs une bibliothèque orientée tous azimuts, où les annonceurs sont sélectionnés par un moteur de recherche suivant des critères de pertinence. Et la phase de rodage laisse à désirer.
Un exemple ? Le géant Mashable, blog des réseaux sociaux, rapporte son amère expérience : à un article sur l'avenir des vidéos en ligne était associée une bannière contenant un lien vers des vidéos de massages gay (voir photo ci-dessous). D'où ce commentaire du blogueur Mark Hopkins : “ Apparemment, le futur de la vidéo en ligne (selon Google) est le porno. Je ne peux pas dire que je sois surpris, mais c'est un petit peu ennuyeux […] considérant que notre contenu n'est pas destiné à la communauté Web du porno gay ; je ne vois pas comment cette publicité va nous rapporter de l'argent. ”
Le risque que d'autres blogueurs soient surpris est réel et peut avoir des répercussions pour ceux-ci : “ Sur un site classique, les utilisateurs sont habitués à avoir de la publicité et finissent par ne même plus la considérer, mais les flux RSS fonctionnent différemment ”, explique Julien Griere, directeur marketing et communication de Kreactive Technologies, agence Web spécialisée dans les widgets et le RSS. “ L'audience d'un flux RSS est une audience qualifiée, qui s'est abonnée au flux et qui est donc très attentive au contenu. Au moindre accroc, à la moindre faute de goût, elle peut se désabonner et partir. ”
Et ce qui, pour un blog comme Mashable, fournit le sujet d'un post humoristique et sans trop de conséquences peut signifier pour un blog de plus faibles dimensions une perte importante. “ Pour un petit blogueur, une publicité non pertinente devient synonyme de dégradation de la qualité du contenu du flux, contenu pour lequel il a pourtant travaillé et donné de son temps. Et cette dégradation signifie moins d'audience. ” Or c'est cette dernière qui, en fonction du nombre de clics sur les bannières publicitaires, permet de rentabiliser le blog.
“ C'est une phase de rodage compréhensible pour Google, qui corrigera vraisemblablement le tir ”, tempère Julien Griere. Qui pose tout de même une question : “ En lançant sa nouvelle offre, Google tue aussi une marque (FeedBurner) référence. Pourquoi ? Les gens parlaient parfois de flux FeedBurner plutôt que de flux RSS, comme on parlerait d'un Frigidaire plutôt que d'un réfrigérateur. Au-delà du changement de technologie entre FeedBurner Ad Network et AdSense for Feeds, c'est peut-être la perte de la marque qui sera plus dommageable pour Google. ” A suivre à la rentrée, quand les blogueurs seront de retour de vacances.
















