Second Life entame sa mue en plate-forme de développement logiciel
Grâce au projet libre Mono, Linden Labs augmente la rapidité d'exécution logicielle de son univers et s'ouvre à d'autres langages.
01net.
le 27/08/08 à 14h00
Le 20 août dernier, Linden Labs a commencé la migration du moteur de script propriétaire de Second Life vers celui de
Mono, la version
open source de .NET. Situé côté serveur, le moteur de script est responsable de l'animation des objets dans Second Life : une porte qui
s'ouvre, une voiture qui démarre, un vêtement qui flotte, etc.
En adoptant un autre moteur de script, Linden Labs espère tout d'abord gagner en performance. En effet, la multiplication des objets dans Second Life a tendance à ralentir les mouvements des avatars et la fluidité d'exécution. Selon
Linden Labs, le moteur de script de Mono sera jusqu'à 220 fois plus rapide que le moteur actuel appelé LSL2.
Une migration en douceur
Pendant un certain temps, les développeurs auront le choix de compiler leurs applications soit sur Mono, soit sur LSL2. Par la suite, la compilation ne pourra se faire que sur Mono. Toutefois, l'univers gardera en activité le moteur
LSL2 pour faire tourner les anciens scripts qui n'ont pas été modifiés depuis.
Mais le choix de Mono n'est pas seulement dicté par la performance, il revêt également une dimension stratégique. Le moteur open source ouvre de nouvelles perspectives comme par exemple l'utilisation d'autres
langages de programmation que le Linden Scripting Language (LSL). Ce dernier reste aujourd'hui obligatoire pour coder les objets et les animations. Linden Labs reste d'ailleurs très prudent sur le sujet, se contentant d'un
' éventuellement ' dans la FAQ au sujet de l'utilisation effective d'autres langages.
Une telle ouverture permettrait à Linden Labs de fédérer beaucoup plus de développeurs autour de sa plate-forme. D'ailleurs, la société souligne dans son
blog que l'intégration de Mono constitue la
' première étape dans l'évolution de Second Life vers une vraie plate-forme de développement
logiciel '.
Capitaliser sur les compétences existantes
Les fournisseurs de services et autres agences Web spécialisés dans Second Life sont, en tous les cas, ravis. ' Il n'est pas toujours facile de trouver un développeur LSL, explique Pierre-Olivier
Carles, co-fondateur de Stonfield Inworld. Une telle ouverture nous permettrait d'utiliser nos compétences en Python pour créer des applications dans Second Life. Elle faciliterait aussi l'intégration avec les systèmes d'information
existants des entreprises '.
Autre avantage : l'utilisation de Mono favorise l'interopérabilité de Second Life avec OpenSim, un projet
open source d'univers 3D. Comme ce dernier utilise également Mono comme moteur de script, les avatars
pourraient bouger plus facilement d'un univers vers l'autre. Fin juillet, Linden Labs avait déjà réalisé
une première expérience de téléportation entre Second Life et un univers OpenSim créé par IBM.