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Opérateur emblématique de solutions de téléphonie sur IP, B3G est tombé sur un os. A la mi-août, la société a demandé un plan de sauvegarde sur quatre mois, aussitôt accordé par le tribunal de commerce de Paris.
Mise en place en 2005, la procédure de sauvegarde est un “ Chapter 11 ” à la française. Elle permet à une entreprise, qui connaît des difficultés financières sans être encore en cessation de paiement, de se restructurer tout en étant à l'abri de ses créanciers. La gestion de l'entreprise reste entre les mains de la direction, mais elle est mise sous l'observation d'un administrateur judiciaire. Les intérêts des créanciers sont représentés par un mandataire judiciaire. L'ensemble de la procédure est gérée par un juge-commissaire.
Dans le cas de B3G, il faut dire que le temps presse. Interrogé par L'Informaticien, le PDG, Patrice Giami (qui n'a pas répondu à nos sollicitations), révèle que la société affiche pour son exercice 2007 une perte nette de 11,5 millions d'euros pour un chiffre d'affaires (CA) consolidé de 62 millions d'euros. Raisons invoquées : une conjoncture défavorable, une “ froideur du marché ” qui n'est plus compatible avec le “ développement en mode d'hyper croissance ” (d'après Vnunet) connu jusqu'alors. Mais qu'en est-il vraiment ?
Il y a un an, le Gartner prédisait encore un bel avenir au marché du Centrex IP, sur lequel B3G s'est principalement positionné. En Europe de l'Ouest, les revenus devraient croître de 87 millions de dollars en 2007, à 404 millions de dollars en 2011. Le concurrent ICtelecom, d'ailleurs, ne connaît pas la crise. Son communiqué financier du mois de juillet dernier indique une croissance du CA de 84 % et prévoit “ d'excellentes perspectives pour 2008/2009 ”.
Si la conjoncture n'est pas en cause, la qualité technique du réseau B3G l'est encore moins. Sur les trois derniers mois, l'opérateur est classé troisième dans les tests de qualité 01net./ip-label, avec une tendance haussière. Par conséquent, si ni la conjoncture, ni la qualité du service ne peuvent être incriminés, il n'y a plus qu'un responsable possible : le modèle économique.
Les offres de B3G sont commercialisées de manière indirecte en marque blanche par un réseau de plus de 200 partenaires. Un choix que certains concurrents ne jugent pas très pertinent. “ Le marché n'est pas assez mâture pour une distribution indirecte. Le Centrex IP n'est pas une solution “plug & play”. C'est une offre complexe qui nécessite une maîtrise technique de bout en bout. C'est pourquoi nous préférons l'approche directe ”, explique Goël Haddouk, président d'ICtelecom.
Même son de cloche chez Alter Telecom. “ Le Centrex IP est une solution assez lourde sur le plan technique et commercial. Nous préférons maîtriser la production et la vente ”, indique Jean-François Golhen, PDG d'Alter Telecom.
La difficulté de mise en place d'une offre Centrex IP nous est confirmée par ip-label. “ Si le réseau local du client final est insuffisant pour la ToIP, il faut procéder à une mise à jour. C'est plus complexe et plus long que pour les offres ToIP à passerelles, où le passage vers l'IP est transparent. En revanche, le Centrex IP est plus simple à gérer au quotidien pour un prestataire, à condition toutefois de disposer d'une bonne formation dans l'IP ”, explique Mylène Veillet, responsable marché opérateur chez ip-label.
On peut donc se demander si les partenaires de B3G sont réellement à la hauteur des ambitions de l'opérateur. Selon Vnunet, ce dernier souhaiterait d'ailleurs procéder à un “ lifting ” de son réseau pour ne garder que les éléments “ les plus fiables ”.
Quoi qu'il en soit, les 50 000 utilisateurs, que B3G revendique sur son réseau, ne devraient pas être très à l'aise en ce moment. En cas de cessation de paiement, ils devront transférer leurs services vers un autre fournisseur. “ Des solutions de migration existent. Il faut compter un mois pour faire le changement ”, précise le PDG d'Alter Telecom.
















