Des pirates s'introduisent dans les serveurs Red Hat et Fedora
Des hackers ont pu pénétrer dans l'infrastructure informatique des spécialistes de l'open source pour en modifier les mises à jour.
01net.
le 29/08/08 à 16h01
L'été est très chaud pour Red Hat, premier fournisseur mondial de solutions
open source. Le 28 août, il a indiqué que
plusieurs vulnérabilités concernaient Red Hat Directory Server. Trois mois après l'annonce d'une faille sur ce même serveur, qui gère entre autres les identités
des utilisateurs, leurs droits d'accès et leurs options de connexion, voici donc une nouvelle piste dans laquelle pourraient s'engouffrer des pirates. Elle leur permettrait d'accéder à l'interface Web d'administration
pour lancer par exemple une attaque en déni de service. Cette faille ne concerne que la plate-forme Red Hat Enterprise Linux.
Plus grave, l'éditeur a reconnu le 22 août
une intrusion sur certains de ses serveurs. Les pirates auraient réussi à modifier les signatures de certains paquets OpenSSH (qui chiffrent tout le trafic) distribués pour
Red Hat Enterprise 4 et Red Hat Enterprise 5. Des mises à jour ont été compromises. En clair, elles ont été signées numériquement comme étant issues de Red Hat alors qu'elles avaient été modifiées par des pirates.
Changement de clés
La société a tenu à rassurer en indiquant que ' les clients qui opèrent la mise à jour de leur système au travers de Red Hat Network ne sont pas exposés à des failles de sécurité '. En
revanche, les utilisateurs ayant obtenu une mise à jour par d'autres canaux ont tout intérêt à se poser des questions. ' Dans le doute, ils ont régénéré les paquets et ont mis à disposition un outil permettant de vérifier si
l'on a installé, par le biais d'un serveur tiers, un paquet compromis ', précise Thomas Gayet, directeur adjoint du Cert-Lexsi.
Autre mauvaise nouvelle, les serveurs de Fedora, la distribution Linux communautaire de Red Hat, ont eux aussi subi les assauts de pirates. L'éditeur a analysé l'intégralité des paquets de ses distributions et il
n'en aurait trouvé aucun de corrompu. Pour plus de précautions, il va procéder au changement de leurs clés numériques de signature.
Pour Thomas Gayet, ' il n'y a pas péril en la demeure, mais, comme il y a de plus en plus de serveurs sous Linux, les attaques devraient se multiplier '.
Attaque contre des serveurs Linux
Le 26 août, l'United States Computer Emergency Readiness Team (US-Cert) a
publié une alerte indiquant que des attaques visaient des systèmes Linux via des clés SSH (Secure Shell) compromises.
L'origine de cette menace pourrait être la vulnérabilité repérée le 15 mai dernier dans la création des clés OpenSSH sur les serveurs Linux Debian. Cette faille peut permettre à un utilisateur malintentionné de prédire
les clés engendrées.
Grace à ces sésames volés, des pirates pourraient pénétrer dans des serveurs sous Debian et obtenir un accès en mode ' administrateur ' (root). Ils pourraient ensuite y placer un rootkit dénommé Phalanx2,
qui a été développé pour dérober d'autres clés SSH. Ce logiciel serait néanmoins facile à repérer.