La candidature papier a encore la cote auprès des recruteurs
Le cabinet Robert Half dresse un palmarès 2008 des outils de recrutement. Les recruteurs plébiscitent les candidatures papier et boudent les réseaux sociaux ou les blogs.
01net.
le 01/09/08 à 17h20
Pour repérer et embaucher des nouveaux candidats, Internet a profondément modifié les habitudes des recruteurs. Peu à peu, ils se sont familiarisés avec l'utilisation des sites d'emploi, généralistes ou spécialisés, et, avec
l'apparition des nouveaux outils tels que les blogs, les réseaux sociaux professionnels ou les sites de cooptation, on aurait pu croire que le support papier avait quasiment disparu de leur palette d'outils. Eh bien, il n'en est rien ! C'est la
première surprise de l'étude que vient de publier
Robert Half, spécialiste du recrutement, qui fait un tour d'horizon sur les pratiques des recruteurs dans 17 pays(1).
A la question : ' sous quelle forme aimeriez-vous recevoir les candidatures ? ', les recruteurs répondent à 57 %, tous pays confondus, par e-mail, et plus étonnant, à
42 % par courrier postal. En France, 47 % d'entre eux plébiscitent le format électronique et 56 % le papier ! (Plusieurs réponses sont possibles dans l'enquête).
' Lorsque je mets des annonces sur des sites Internet, je reçois essentiellement des candidatures électroniques, mais aussi ?" même si on a tendance à le minimiser ?" papier. Elles proviennent
de candidats de toutes générations, des jeunes notamment, relève Christelle Delavaud, senior manager chez Robert Half International France. Peut-être qu'à l'école, on leur dit encore d'envoyer une lettre manuscrite pour
postuler. Peut-être aussi qu'en France, le support papier renvoie une image sérieuse '.
Les recruteurs peinent à innover
Restons sur l'exemple français. Pour 73 % des recruteurs, la voie royale pour recruter reste d'exploiter les candidatures spontanées qu'ils reçoivent. Elles sont généralement déposées par les candidats sur les sites d'entreprises,
les sites d'emploi ou, de plus en plus sur les sites des cabinets de recrutement.
56 % des recruteurs publient leurs offres sur leur propre site, 47 % sur les sites d'emploi spécialisés et presque autant (45 %) sur les sites généralistes.
Et là encore, le papier ?" pour des questions de prestige notamment ?" fait encore partie des habitudes des recruteurs, soucieux de soigner leur image de marque et leur notoriété. 46 % font paraître leurs
annonces dans la presse écrite spécialisée (contre 36 % tous pays confondus) et 43 % dans la presse écrite quotidienne (56 % tous pays confondus).
Deuxième surprise : les recruteurs, selon l'étude, sont encore extrêmement frileux quant à l'utilisation des nouveaux outils tels que les blogs, les réseaux sociaux ou les podcasts qui prolifèrent sur la Toile. Ainsi, dans
l'Hexagone, ils ne sont que 5 % à recourir aux sites de mise en relation tels que Viadeo ou Linkedin, voire Facebook, contre 9 % tous pays confondus. Hong Kong est le champion dans cette catégorie, avec 33 % de recruteurs interrogés
qui ont recours à ces services.
Bien entendu, plus le marché de l'emploi dans un secteur d'activité est tendu, plus les recruteurs se tournent vers ces nouveaux outils. Dans l'informatique, par exemple, des SSII ont franchi le cap pour se démarquer ou pour multiplier
leurs chances de trouver des candidats. Et puis, il faut bien le reconnaître, faute de temps mais aussi de motivation, bon nombre de professionnels des RH peinent à bousculer leurs habitudes et à faire l'effort de se familiariser avec ces nouveaux
outils.
(1) Robert Half a réalisé cette enquête en mars et avril 2008 auprès de plus de 3 000 dirigeants effectuant des recrutements pour un échantillon représentatif d'entreprises (taille, secteurs
d'activité), dans 17 pays et territoires (Australie, Belgique, Brésil, Canada, France, République tchèque, Allemagne, Hong Kong, Irlande, Italie, Japon, Luxembourg, Nouvelle-Zélande, Espagne, Suisse, Pays-Bas, Royaume-Uni, Singapour).