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Si, aujourd'hui, de nombreuses entreprises sont convaincues de l'intérêt des réseaux Wi-Fi pour les données, peu d'entre elles les utilisent pour faire transiter la voix. En cause, des contraintes techniques liées au besoin de qualité de services spécifiques.
Un nouveau protocole, qui vient d'être validé comme standard par l'IEEE, le 802.11r, répond partiellement à ces contraintes et devrait permettre une meilleure adoption de la technologie par les entreprises. Il a pour but de réduire les délais de connexion lors du passage d'un point d'accès à un autre (délais de roaming).
Le 802.11r, sur lequel l'IEEE planche depuis quatre ans, est une couche protocole qui est compatible avec tous les types de réseaux Wi-Fi : a, b, g ou pré-n. Il s'agit, en fait, de raccourcir les délais de roaming, de l'ordre de 100 millisecondes à 50 ms maximum, seuil au delà duquel une coupure est perceptible par l'oreille humaine. “ Sans le 802.11r, lorsque l'équipement client passe d'un point à un autre, il doit scanner son environnement et identifier les points d'accès susceptibles de l'accueillir, puis s'authentifier sur le point d'accès et enfin sélectionner le canal d'émission adéquat. Avec le 802.11r, les clients vont automatiquement s'authentifier sur tous les points d'accès disponibles et réserver la bande passante nécessaire à la qualité de service ”, explique Lionel Barreiro, responsable technique France et pays francophones de Meru Networks France, qui construit des matériels de connexion Wi-Fi. Pour passer à un nouveau point d'accès, il faudra juste que le client identifie automatiquement le bon canal d'émission.
“ Mais le 802.11r a un défaut. Lorsqu'il l'utilise, le client bloque sur les points d'accès de la bande passante qu'il n'utilisera peut-être pas ”, poursuit Lionel Barreiro. Un problème pour les réseaux qui sont à la limite de leur capacité. Il faudra alors multiplier les points d'accès pour garantir suffisament de bande passante aux utilisateurs.
Pour améliorer le roaming, des protocoles propriétaires existaient déjà, chez Cisco par exemple, ou chez Spectralink (devenu Polycom). Chez Meru Networks, on assure atteindre des délais de roaming bien inférieurs aux 50 ms annoncés par le protocole, “ de l'ordre de 2,5 ms ”.
“ Il faut résoudre les problèmes de densité, car plus il y a d'utilisateurs, plus il y a de problèmes de collisions de paquets (1), jusqu'à 70 % de la bande passante peuvent être utilisés pour renvoyer des paquets, ce qui limite le nombre d'utilisateurs simultanés à moins de 10 par points d'accès ! Il faut aussi résoudre les problèmes de qualité de service bidirectionnel, pour éviter les pertes de paquets et que l'interlocuteur que l'on entend puisse bien nous entendre en retour. ”
Autant de difficultés techniques qui sont résolues par les constructeurs – dont Meru Networks – avec plus ou moins de réussite, mais qui ne sont pas encore normalisées dans les différents standard du 802.11. Ce qui limite donc les possibilités d'intéropérabilité entre les matériels des différents constructeurs.
(1) Des interférences peuvent se créer entre les flux Wi-Fi. Celles-ci vont alors dégrader les paquets, qui doivent être renvoyés jusqu'à ce qu'ils atteignent intacts leurs destinataires.
















