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Mancoosi n'est pas le nom d'un animal cousin de la mangouste, c'est l'acronyme de Managing the complexity of the open source infrastructure (“ Gérer la complexité des infrastructures du logiciel libre ”). Il s'agit d'un projet européen lancé en février 2008 et présenté le 4 septembre par Mandriva, qui vise à optimiser les procédés de mise à jour des logiciels libres. L'opération regroupe dix partenaires industriels et institutionnels. On trouve ainsi du côté français, hormis Mandriva, Ilog – tout juste racheté par IBM –, l'université Paris Diderot et l'université de Nice Sophia-Antipolis.
“ Nous avons parmi nos partenaires trois distributions Linux : Mandriva, Caixa Magica et Pixart ”, explique Roberto Di Cosmo, chef du projet et chercheur à l'université Paris Diderot. “ Chacune utilise une gestion des paquets de mises à jour différente, ce qui va nous permettre d'obtenir un large répertoire des erreurs liées aux mises à jours. ” Car il s'agit bien de cela.
Le logiciel libre est de plus en plus implanté dans l'industrie et dans les institutions et il est diffusé d'une manière complexe et difficile à gérer. Les mises à jour sont livrées sous forme de paquets à installer sur son système. Des distributions cohérentes de ces “ paquets ” logiciels sont publiées par des éditeurs et mises à jour plusieurs fois par an. Cependant, avec le temps, chaque machine contient un mélange spécifique de composants logiciels provenant de différentes versions de sa distribution de référence mais aussi de sources externes. Ce qui peut parfois créer des problèmes.
“ Les utilisateurs des trois distributions partenaires seront appelés s'ils le souhaitent à publier, anonymement, l'erreur observée sur leur système. A partir de ce répertoire des problèmes qu'on aura relevés, on s'intéressera aux plus pertinents et on essaiera de trouver comment faire pour les corriger. Ensuite le projet se découpe en deux volets ”, continue Roberto Di Cosmo.
“ D'un côté nous tenterons de concevoir un algorithme qui permette à l'utilisateur de sélectionner ses préférences de mise à jour de manière plus fine qu'avec une fenètre pop-up, qui vous demande si vous voulez passer à la version supérieure d'une grande partie ou de la totalité de votre système, comme c'est le cas sur un logiciel propriétaire. Dans ce cas-là, on ne sait absolument pas ce qui est changé ni ce qui se passe sous le capot de la machine. Notre solution doit permettre de choisir avec précision ce que l'on veut et ce que l'on ne veut pas. ”
La seconde partie visera à autoriser un retour en arrière si une mise à jour sélectionnée provoque une erreur. Comme le concède Roberto Di Cosmo, “ cela existe déjà sur certains systèmes, par exemple en restaurant les logiciels tels qu'ils étaient une semaine auparavant, mais nous essaierons de le faire de manière plus fine ”. Par exemple en annulant la mise à jour responsable du bug sans annuler les précédentes.
“ Nous intégrons Ilog à notre projet, car, sans être des spécialistes de l'open source, ils sont les champions mondiaux de l'optimisation et sont donc intéressés par notre problématique. Et nous sommes sensibles aux années d'expérience qu'ils peuvent nous apporter. ”
Les membres de l'équipe, une trentaine de personnes, ont déjà travaillé ensemble sur le prédécesseur de Mancoosi, Edos. “ On se voit régulièrement et on se connaît bien ”, confirme Ralf Treinen, professeur à l'université Paris Diderot. Le projet, qui court sur trois ans, est doté d'un budget de 4,4 millions d'euros, dont 3,3 millions financés par l'Union européeenne.















