Continuons le débat
par théophraste, le 17/09/2008 10:48:02
C'est une bonne chose que la la mise en œuvre d'un tel outil fasse polémique. Que le débat soit donc largement ouvert, tant du coté de ses initiateurs que de ses détracteurs.
Il est en effet fondamental d'en cerner précisément les contours et d'en anticiper les éventuels effets pervers.
Car il est hélas et malheureusement "indispensable" que de nos jours, tant en terme de criminalité de terrorisme ou de dangereuses dérives sectaires, qu'un état se dote des moyens nécessaires au maintient de sa sécurité publique. Il est donc à mon avis illusoire et surtout dangereusement naïf de penser que l'on puisse y échapper. Car souvent ce combat permanent et multiforme de la sécurité intérieure se gagne sur le terrain du renseignement.
Par contre, je crains malgré tout "Edwige", non en tant que "simple outil de sécurité publique", mais dans les termes de son utilisation. Notamment dans un contexte où l'État se défausse de plus en plus régulièrement vers le privé de fonctions que l'on pouvait autrefois qualifier de régaliennes. N'oublions pas, à titre d'exemple, qu'il existe dans certains milieux un débat concernant la création de "prisons privées" afin de pallier aux manques de moyens de l'État.
Je crains donc dans un avenir proche un "grignotage" progressif et pervers d'amendements, issus des manques de précisions relevées par la CNIL et le tissu associatif.
Dans ce manque de précision des textes il subsiste de trop nombreuses zones d'ombre, potentiellement dangereuses pour les libertés individuelles, zones d'ombres issues d'une loi accouchée dans la précipitation.
Tout cela relève d'une difficile "Quadrature du cercle". Que la France se dote d'un outil de renseignement adapté aux évolutions de, par exemple, une délinquance de plus en plus mouvante multiforme violente ou juvénile, ou encore de stratégies d'infiltration de mouvements à l'idéologie suspecte (Sic l'Église de Scientologie Universelle) , on ne peut hélas que le déplorer. Mais pas à n'importe que prix.
"Père ! gardez-vous à droite ! Pére, gardez vos à gauche !.."
Continuons le débat (qui sait le combat ?..) tant que nous disposons encore des moyens de le faire, avec réalisme et opiniâtreté.
