Master Data Management : l'âge de raison

Centraliser toutes les données de référence pour mieux les administrer et les diffuser, telle est la vocation du MDM. Sa percée dans certaines grandes entreprises est due à la maturité de ses fonctions avancées ainsi qu'à l'ouverture progressive de son modèle de données.
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Si l'apparition du MDM (Master Data Management) date de 2003, ce n'est véritablement qu'aujourd'hui que ces référentiels spéciaux, censés centraliser toutes les données de référence de l'entreprise, prennent leur essor. Une tendance portée par les géants de l'infrastructure – comme IBM, dont les ventes de MDM affichent, depuis deux ans, 50 % de croissance à chaque trimestre – mais également soutenue par des éditeurs spécialistes du domaine, tel Orchestra. Celui-ci devrait d'ailleurs voir ses revenus tripler en 2008. En France, ces deux éditeurs gagnent chacun en moyenne plus d'une vingtaine de clients par an. Banques, assureurs, acteurs de la grande distribution et autres géants des télécommunications comptent parmi les premiers utilisateurs de ces référentiels. La vocation du MDM est de stocker toutes les données relatives à une thématique (clients, fournisseurs, produits) et de les diffuser, pour partie, auprès des entreprises concernées. Autrement dit, ce référentiel concentre la vérité exhaustive en un endroit unique pour garantir la bonne synchronisation de données entre applications et limiter les ressaisies de données.

Des référentiels maison complexes à faire évoluer

Les entreprises ont déjà déployé des référentiels équivalents en interne. Mais ces offres maison sont dures à maintenir car elles grandissent de façon anarchique : “ Elles sont souvent attaquées par différents types d'interfaces graphiques et alimentées en données par des moteurs hétérogènes. Et surtout, du fait des développements internes, leur modèle est très complexe à faire évoluer ” rapporte Pascal Anthoine, responsable de l'offre MDM chez Micropole-Univers.

Outre l'évolutivité, la distinction entre les offres maison et les solutions industrielles porte aussi sur les fonctions avancées. Citons la gestion du cycle de vie des données de références ou celle des différentes versions. “ Depuis peu, certains MDM s'enrichissent même de moteurs de règles pour mieux conditionner les mises à jour dans les référentiels, poursuit Pascal Anthoine. En témoigne l'accord passé entre Ilog et Orchestra. ” Retenons également les fonctions natives de workflow enrichies d'étapes de validation humaines lors du design des flux. Ces fonctions collaboratives sont avant tout prégnantes au sein des MDM produits (lesquels peuvent être vus comme des catalogues). Avec leur modèle de données relativement figé, ceux-ci s'opposent aux MDM clients, souvent plus volumineux et dont la structure reste en grande partie configurable par l'utilisateur. Ces deux familles historiques de référentiels tendent cependant à converger.

Les solutions du marché s'ouvrent aux services web

Dernier critère de différenciation avec les référentiels maison : ceux du marché s'ouvrent à de nouveaux modes d'intégration. La plupart de leurs fonctions deviennent maintenant exploitables sous forme de services web, facilitant ainsi les dialogues synchrones avec le référentiel. Par ailleurs ces mêmes MDM sont nativement intégrés à des moteurs ETL (Extract Transform Load) et des outils de qualité de données.

Mais cette liste de fonctions avancées ne doit pas faire oublier les difficultés liées au déploiement des MDM. Et ce au-delà même du délicat consensus à trouver autour du format pivot des données (qui doit satisfaire tous les métiers concernés par le référentiel). Une de ces contraintes porte sur les conflits potentiels d'écriture entre applications concurrentes. “ Avant qu'une application ait les droits pour écrire la nouvelle adresse d'un client, elle doit y être autorisée par le MDM. Dans l'idéal, cette autorisation se fait sous forme de services web. Surtout si le MDM est stratégique. Seulement toutes les applications clientes du référentiel ne sont pas nécessairement capables de manipuler des services ”, avertit Bruno Labidoire, directeur technique d'Informatica. Jean-Marc Bonnet, architecte chez Teradata, partage des vues similaires. Selon lui, le bon rythme des synchronisations est délicat à trouver. “ Il faut s'assurer que les différentes écritures dues aux mises à jour n'altèrent pas la cohérence des applications entre elles. ”

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