![]() |
Emploi
|
![]() |
Start-up
|
![]() |
Evénements 01 | ![]() |
Avis d'expert | ![]() |
Vidéos | ![]() |
Indicateurs
|
![]() |
Distribution
|
![]() |
Telecharger Pro
|
![]() |
Livres blancs | |||||||||||||||||||||












Cela avait été annoncé au mois de mai dernier, en préambule de l'opération de rachat. La plus grande acquisition de société de services informatiques de tous les temps ne se ferait pas sans rationalisation. Dans la nuit du 15 au 16 septembre, Mark Hurd, PDG de HP, n'a pas dit autre chose.
En marge de la fusion de son entreprise avec EDS, 24 600 emplois seront touchés. Selon un communiqué de l'entreprise, la moitié concernerait les Etats-Unis. Pour les chiffres européens, il faudra attendre le 25 septembre et le comité d'entreprise européen HP-EDS.
Forcément, chez les salariés des deux entités, l'ambiance n'est pas à la sérénité. “ Rien n'avait transpiré avant cette annonce. On a donc reçus cette nuit un e-mail annonçant “l'élimination de 24 600 positions” pour “le bien des 300 000 restantes et pour ouvrir des opportunités aux actionnaires” ”, explique Jean-Paul Garagnon, délégué syndical SUD d'EDS.
L'incompréhension est de mise. “ Ces suppressions de postes n'ont pas d'intérêt puisqu'ils nous rachètent, tempête Serge Gargaud, délégué CGT d'EDS. Pourquoi licencier les forces vives d'une entreprise que l'on intègre à son organisation ? ”
D'autres sont plus tempérés. “ Nous n'allons pas réagir de manière prématurée puisque, pour le moment, on ne sait pas grand-chose, temporise Valérie Pau, délégué CFDT d'EDS. Nous sommes très vigilants, mais on ne sait toujours pas si ce chiffre de 24 600 concerne des modifications, des changements de positions ou des licenciements secs. Nous attendrons le 25 septembre pour décider d'une action concertée à mener. Mais nous ne sommes pas optimistes. ”
Un certain fatalisme se fait ressentir. “ c'est la troisième fois qu'on subit ce type d'opération, après le rachat de Compaq, la nomination de Mark Hurd et, enfin, l'acquisition d'EDS ”, rappelle Guy Benoist, membre de la CFTC chez HP.
En effet, le communiqué précise bien que le chiffre concerne les salariés des deux entreprises. “ C'est un sentiment personnel, mais le chiffre devrait concerner à 70 % EDS et à 30 % HP, explique Bruno Le Calvez, membre de la CFTC d'EDS. Ils vont en profiter pour alléger les effectifs chez HP. De plus, en ce qui concerne la France, on ne sait toujours pas comment vont fonctionner les deux entités en matière juridique. ” Car, si le nom a déjà été décidé (sur le site Internet d'EDS on peut lire “ EDS An HP Company ”), on ne sait pas si EDS sera une filiale de la holding HP ou si elle sera ingérée entièrement par le géant.
“ Si EDS devient une filiale, HP pourrait en profiter pour transférer certains de ses salariés chez EDS, les faisant ainsi passer du régime de la convention de la Métallurgie au régime de la convention Syntec ”, poursuit Bruno Le Calvez. “ Effectivement, c'est une chose possible, reprend Guy Benoist. Dans le cas d'un schéma filiale-holding, les transferts de HP à EDS signifieraient une baisse des coûts et également un rabaissement des conditions sociales, la convention Syntec étant beaucoup plus dure que la convention Métallurgie pour ce qui est des primes à l'ancienneté et des accords de licenciement, par exemple. ”
Outre cette incertitude sur la structure juridique viennent se greffer des questions quand au devenir de certaines divisions d'EDS. Le cas des activités liées à l'AS400 est en ce sens évocateur. “ J'appartiens comme 18 autres personnes au secteur développement logiciel de l'AS400, explique Bruno Le Calvez. Et ce secteur n'entre plus dans le cœur de cible d'EDS. De plus l'AS400, produit d'IBM, est un concurrent direct des serveurs d'HP. L'entreprise n'a donc aucun intérêt à nous garder. ”
Les syndicats attendent avec impatience le 25 septembre pour avoir plus d'informations sur une situation très floue, ils sont prêts à réagir à des décisions qui, si elles suivent la tradition de HP sous Mark Hurd, pourraient être très rapides.
















