L'emploi dans les SSII indiennes est menacé par la crise à Wall Street
Les milieux indiens de la high-tech craignent que l'effondrement des banques américaines n'entraîne des licenciements massifs.
01net.
le 18/09/08 à 11h05
La chute de Lehman Brothers, le rachat en catastrophe de Merrill Lynch... Voilà des événements qui ne pouvaient tomber plus mal pour le secteur indien de la high-tech. Alors que celui-ci souffrait déjà du ralentissement économique
américain, l'ampleur de la crise qui sévit à Wall Street risque d'aggraver sérieusement les difficultés des SSII de Bangalore, Bombay, etc.
Raison principale : les grands établissements financiers américains sont des clients de premier ordre pour les spécialistes indiens de la sous-traitance informatique. Banques, assurances et services financiers représentent
10 milliards de dollars de chiffre d'affaires (CA) annuel pour les sociétés de services indiennes et jusqu'à 40 % du CA de certaines d'entre elles. L'ensemble de ces SSII fait travailler environ
350 000 personnes pour leurs clients de la finance.
Tout le secteur informatique pourrait être touché
Lehman Brothers, par exemple, travaillait avec une douzaine de sociétés locales, dont tous les grands noms du secteur : Tata Consulting Services (TCS), Infosys, Wipro, Satyam, etc. La banque d'affaires leur
sous-traitait des développements d'applications et d'opérations de back-office, pour une valeur estimée à quelque 200 millions de dollars, dont une part importante, de l'ordre de 40 %, pourrait être menacée.
En outre, Lehman dispose en Inde de sa propre filiale informatique. Installée près de Mumbai (Bombay), elle emploie quelque 1 500 personnes. La majorité de ses salariés a semble-t-elle déjà été prévenue que ses contrats
s'arrêteront à la fin du mois de septembre. Cette filiale fournit notamment des services d'aide à la recherche sur actions et aux travaux d'analyse pour les opérations de fusions-acquisitions.
Et les problèmes ne vont pas s'arrêter là. La crainte des professionnels est que le secteur informatique ne soit touché dans son ensemble. La reprise de Merrill Lynch par Bank of America pourrait redistribuer les
cartes.
Bank of America travaille surtout avec Infosys, et Merrill Lynch avec TCS et Satyam. Si la banque acheteuse décidait de rationaliser ses opérations, ce pourrait être aux dépens de TCS et de Satyam. Dans les milieux de la high-tech, où
l'on considère que 2 500 personnes environ travaillent pour Merrill chez TCS et Satyam, on estime que ce dernier pourrait envisager une réduction de ses effectifs de quelque 2 500 personnes sur un total de 52 000, en
raison des difficultés globales du secteur.
Renégociation des contrats à la baisse
Plus généralement, les SSII s'attendent à une forte pression sur leurs activités dans la finance. Outre la baisse d'activité qui va résulter des fusions d'établissements, la situation très difficile des banques
américaines ?" et mondiales ?" va se traduire inéluctablement par des renégociations à la baisse des contrats.
Enfin, les sociétés informatiques indiennes peuvent quasiment renoncer, pour l'heure, à la perspective de nouveaux contrats dans les secteurs de la banque, de l'assurance et des services financiers.
Si il est encore beaucoup trop tôt pour chiffrer l'impact de la crise financière sur les effectifs des SSI, sa réalité ne fait aucun doute. Comme le dit Sabya Sachi Satpathy, directeur chez le consultant neoIT,
' Le secteur attendait une reprise d'ici à la mi-2009, mais cela va maintenant être remis à plus tard. '