Le Wi-Fi est en route vers le gigabit/seconde
La future norme IEEE 802.11ac doit permettre un minimum de 500 Mbit/s par poste ainsi que le partage d'un canal radio par plusieurs équipements, chose jusqu'ici impossible.
01net.
le 18/09/08 à 17h10
Le Wi-Fi à 1 Gbit/s est déjà à l'étude. La variante actuelle la plus rapide de la technologie de réseau sans fil, à savoir l'IEEE 802.11n, offre déjà un débit au moins égal à celui de l'Ethernet filaire, à
100 Mbit/s. D'un autre côté, dans le monde filaire, le gigabit Ethernet (GE) devient relativement commun, et l'on voit apparaître du 10 GE en entreprise. Le sans-fil se doit donc de suivre la course de la montée en débit.
Les applications d'un tel ' gigabit Wi-Fi ' sont envisageables à une échéance de cinq à dix ans. Elles sont nombreuses et variées et concernent tout aussi bien les particuliers que les entreprises
et les opérateurs. Les exemples incluent la distribution de vidéos en haute définition à l'intérieur des habitations, le transfert rapide de données vers ou depuis un serveur (entre un kiosque vidéo et un terminal mobile, par exemple), les
réseaux locaux sans fil à très-haut-débit dans les bureaux ou dans les usines, l'interconnexion sans fil de bâtiments ou encore la constitution d'un c?"ur de réseau sans fil maillé en environnement urbain.
Le tout début d'un long processus
L'organisme de normalisation IEEE a constitué un groupe d'études baptisé
802.11 VHT (pour
very high throughput,
' très-haut-débit '), chargé de définir les travaux à réaliser. Le document présentant
ces travaux, appelé ' Project Authorization Request ' (PAR), a déjà été approuvé par l'IEEE et donnera lieu à la création du Task Group IEEE 802.11ac après une dernière étape de validation prévue pour le
25 septembre prochain. A partir de là, les travaux de définition de l'amendement 802.11ac au standard 802.11 vont pouvoir commencer.
Mais attention : il ne s'agit pas de fournir 1 Gbit/s par équipement connecté. Le 802.11ac vise en fait un minimum de 500 Mbit/s par poste terminal et de 1 Gbit/s pour un groupe d'utilisateurs. Pour atteindre
de tels débits, les ingénieurs comptent non seulement utiliser une bande de fréquence flexible et plus large (jusqu'à 80 MHz), mais ils veulent aussi optimiser l'utilisation des ressources radio.
' Aujourd'hui, le protocole d'accès au medium radio est tel que le matériel qui utilise un canal le monopolise ', explique Marc de Courville, chef d'équipe à Motorola Labs et
principal auteur du PAR présenté à l'IEEE. ' L'idée est de pouvoir supporter des communications simultanées entre plusieurs terminaux [et sur un même canal, NDLR], afin d'augmenter la
capacité totale du réseau sans fil. ' Cela se fera par le biais de techniques de multiplexage de fréquence ou de multiplexage spatial.
Au niveau des fréquences, l'idée est de viser au-dessous de 6 GHz en assurant la compatibilité arrière avec les normes IEEE 802.11a (débit maximum théorique de 54 Mbit/s) et 802.11n (300 Mbit/s théoriques) dans la
bande de fréquences des 5 GHz, et en évitant la bande des 2,4 GHz, déjà utilisée par les 802.11b et g (respectivement 11 et 54 Mbit/s théoriques).
La ratification du standard 802.11n encore repoussée
Des produits à la norme IEEE 802.11n, qui a démultiplié le débit de Wi-Fi en exploitant des transmissions à antennes multiples (Mimo : multiple input, multiple output), sont commercialisés depuis
l'année dernière. Un grand nombre d'entre eux ont même été certifiés par la Wi-Fi Alliance. Cependant, il s'agit seulement de conformité au draft (' ébauche ') n?' 2 de la
norme, car le standard n'a toujours pas été validé. L'IEEE planche actuellement sur le draft n?' 6, tandis que la ratification finale, encore repoussée de quelques mois, est maintenant attendue pour
novembre 2009.