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En juin 2008, l'Icann a entériné la libéralisation des extensions. Une révolution pour le monde des noms de domaine. Trois mois plus tard, voici les dernières avancées de ce bouleversement historique… avant la prochaine réunion Icann au Caire.
Si l'univers du nommage attend avec impatience le cahier des charges précis relatif aux nouvelles extensions, plusieurs informations circulent déjà autour de cette ouverture. L'Icann prévoit de recevoir au minimum cinquante demandes de créations d'extensions.
Elles pourront concerner de nouveaux TLD sectoriels (.sport, .kids, .bank, .cars…), des TLD rattachés à des régions (.bzh, .cym, .lat…) ou à des villes (.paris, .berlin, .nyc…). Il y aura également des extensions comprenant des caractères accentués (idéogrammes chinois, lettres cyrilliques…) et les très attendues CorpTLD, les extensions rattachées à des sociétés (.google, .loreal…).
Les demandes de création de nouvelles extensions seront examinées début 2009, durant une période définie par l'Icann, qui devrait durer une trentaine de jours. Les résultats de cette première session seront dévoilés fin 2009.
La question des coûts est sur toutes les lèvres (surtout pour les CorpTLD). L'Icann vient d'indiquer que le montant des frais sera calculé par rapport aux perspectives de retour financier. Ils seront donc différents d'un dossier à un autre… La fourchette des frais Icann sera normalement comprise entre 100 000 dollars et 1 000 000 de dollars. Un gouffre !
En cas de plusieurs demandes de création pour une même extension, l'attribution se fera aux enchères, avec une exception pour les TLD relatifs à une identité communautaire. Si plusieurs associations de Bretons s'arrachent le .bzh, ils ne seront pas uniquement départagés par des critères financiers.
Par ailleurs, les extensions auparavant refusées lors des ouvertures de 2000 et 2004 pourront être à nouveau soumises.
Des demandes de création pourront être refusées. Des tiers pourront soumettre des objections avant qu'un dossier les gênant soit validé par l'Icann. Cette procédure d'opposition sera payante. Forcément…
Par contre, l'Icann s'apprête à valider la protection liée aux marques de commerce (risque de confusion). C'est le seul domaine qui permet une application cohérente à l'échelle mondiale. C'est déjà ça de pris.
Le TLD proposé ne devra pas non plus créer de risque de confusion envers une extension existante ou correspondre à un terme réservé par l'Icann. Autre restriction, l'extension ne devra pas contrevenir aux principes juridiques internationalement reconnus relatifs à la morale et à l'ordre public.
Enfin, le dossier pourra être rejeté si l'Icann estime qu'il y a une opposition justifiée et suffisante émanant du public explicitement ou implicitement désigné comme destinataire de cette extension (par exemple un .bank demandé par un requérant extérieur au secteur des affaires bancaires).
Une chose est sûre, la création de nouvelles extensions va entraîner une augmentation du budget alloué par chaque société aux noms de domaine. Cela va également remettre en cause de nombreuses stratégies de nommage en place.
Si les entreprises ne protègent pas leurs marques durant les périodes d’enregistrement prioritaires prévues à cet effet, elles pourront utiliser des procédures de résolution de litiges payantes pour récupérer des noms. Les futures extensions devront obligatoirement le prévoir dans leur règlement.
Prochaine étape au Caire, début novembre. Nous y serons et reviendrons sûrement avec pléthore de nouvelles extensions sous le bras.
Chronique publiée en partenariat avec le MailClub.
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