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La gendarmerie embarque ses outils de contrôle

Les derniers des 7 200 véhicules de la gendarmerie nationale vont être équipés d'un terminal informatique embarqué. Les pièces d'identité biométriques seront vérifiées directement à partir des voitures.

' L'essentiel de notre travail est effectué sur le terrain ', insiste Jean-François La Manna, chef d'escadron à la gendarmerie nationale et responsable de la prospective et de la conduite de ses programmes. Les contrôles en tout genre effectués au cours des patrouilles constituent la majeure partie de leurs tâches. Pour répondre à ces contraintes avec efficacité, la gendarmerie utilise depuis trois ans des terminaux embarqués destinés à interroger les systèmes centraux avec les données collectées sur le terrain.
Dès 1981, un premier système Saphir est généralisé, suivi de deux autres solutions embarquées, TDG Rubis en 1993 et Mobilis en 1999. Arrive alors un voisin encombrant, l'airbag, généralisé sur tous les véhicules. En 2003, une étude menée par Accenture pointe un problème de sécurité : ' Le terminal doit être placé sur les genoux des militaires faute de pouvoir le fixer là où sont installés les airbags. ' Après une période d'expérimentation de différentes solutions, la gendarmerie s'adresse à Siemens et à Itronix pour qu'ils mettent au point un terminal informatique embarqué, baptisé TIE. Le déploiement sur 7 200 véhicules, commencé en 2005, est pratiquement terminé.

L'utilisation : une saisie réduite au minimum

Le terminal retenu est un Tablet PC durci (norme IP 54), le Duo Touch II d'Itronix. Son écran bénéficie de la technologie Dynavue, une norme militaire qui garantit sa lisibilité, même en plein soleil. Le Tablet PC embarque une application baptisée Messagerie tactique et d'autres capables d'interroger des bases de données centrales administratives et judiciaires. ' Entièrement redéveloppée en CSharp, l'interface applicative met l'accent sur l'ergonomie, proche de celle d'Outlook ', précise l'un des collaborateurs de Jean-François La Manna. Sur le terrain, les tâches de l'utilisateur sont réduites au minimum : passer le document, par exemple un passeport récent disposant d'une bande MRZ (Machine Readable Zone) sur le lecteur, choisir l'applicatif PSR pour les personnes signalées recherchées et envoyer une requête sous la forme d'un courriel. La navigation dans les menus se fait avec un crayon optique. ' La réponse arrive en quelques secondes, sous forme de courriel ', décrit Jean-François La Manna. La plupart des applicatifs d'interrogation des fichiers centraux ont été intégré à l'application et autorisent le contrôle des papiers d'identité, cartes grises, etc.
Dernière application, Lapi, un logiciel de lecture automatique des plaques d'immatriculations a été installé sur le TIE. Couplée à des caméras installées sur quelques véhicules, Lapi reconnaît et automatise le contrôle des plaques. Le gendarme utilise généralement le terminal installé sur sa base mais il peut rayonner autour du véhicule dans un rayon de 25 mètres. Pour ce faire, le terminal dispose d'une liaison Bluetooth. ' Une liaison 1 à 1 exclusive. Un TIE ne peut communiquer qu'avec le véhicule ou il a été installé ', précise Jean-François La Manna.

Les gains : une traçabilité totale

Premier constat : comme le prévoyait le cahier des charges, l'installation du terminal est compatible avec les airbags quel que soit le véhicule. Générique, le TIE peut être démonté pour être utilisé sur toute voiture équipée d'un support de type mât. Mais plus que sur le matériel, les gains apparaissent dans l'utilisation quotidienne. ' Avoir regroupé quatre types de lecteurs sur un seul équipement évite de la manutention et toutes les contraintes qui en découlent ', se félicite le responsable du programme.
Une souplesse d'utilisation démontrée par les statistiques des bases de données centrales. ' On a constaté environ 40 % de requêtes supplémentaires. ' L'application autorise une traçabilité complète des demandes. Pour l'instant réalisée à partir du code de l'unité, cette traçabilité sera bientôt individuelle dès que la carte professionnelle à puce aura été distribuée aux militaires.

La mise en ?"uvre : du matériel agréé par les constructeurs

Avant de proposer les solutions, Siemens, l'intégrateur, a fait agréer chaque composant matériel par les constructeurs automobiles. Le Tablet PC repose sur un mat installé sur les fixations des sièges. Amovible, ce dernier peut se tourner dans une position dite de sécurité, laissant un passage libre pour l'airbag. Cette base est connectée par une liaison filaire à un boîtier émetteur-récepteur installé dans le coffre et connecté sur Rubis, le réseau radio sécurisé de la gendarmerie sur lequel transitent les données.
Pour faire les recherches incluant une photo (personnes recherchées), ces dernières sont compressées afin de tenir dans des trames GPS de 1 970 octets. ' La changement du protocole du réseau va nous amener à faire tenir l'ensemble dans un trame de 1 500 octets ', précise un des collaborateurs de Jean-François La Manna. Les premiers véhicules ont été équipés en 2005. Huit régions étaient équipées en 2006.

Les écueils : une tension d'au moins 9 volts

La mise en place n'a pas posé de problèmes techniques en dehors de quelques adaptations mineures sur certains véhicules. Seule surprise, le gyrophare et la sirène utilisent intensivement la batterie jusqu'à faire tomber la tension délivrée en deçà de 9 volts. Un seuil sous lequel le fonctionnement du TIE n'est plus assuré correctement. Un problème réglé. Moins facile à résoudre, la mise en place du TIE a bousculé certaines habitudes de travail. ' La conduite du changement s'est parfois révélée délicate ', reconnaît Jean-François La Manna.

L'entreprise étudiée

Activité : sécurité publique.
Localisation : Rosny-sous-Bois (93).
Effectif : environ 100 000 gendarmes.

Trouver un terminal informatique embarqué adapté à tous les véhicules présents et à venir tout en ne gênant pas les airbags. Capacité à lire les documents d'identité électroniques.

Tablet PC d'Itronix couplée à un boîtier radio émetteur récepteur.
Installation de l'application Messagerie tactique sur l'ensemble de la flotte de véhicules.

Enveloppe globale de 40 M d'euros.

Le calendrier du projet

2003 : audit débouchant sur le changement des terminaux embarqués suite à la généralisation des airbags sur les véhicules.
De 2003 à 2005 : expérimentation d'équipements innovants.
2005 : passation du marché pour équiper 7 200 véhicules. Déploiement prévu sur quatre ans.
2006 : huit régions équipées.
2008 : fin du déploiement sur tout le territoire.

Jean-François La Manna : ' le terminal intègre quatre lecteurs '

' Le choix de l'équipement devait respecter une double contrainte : alléger la tâche du gendarme et durer. Pour respecter ce dernier point, nous avons choisi un équipement intégrant quatre types de lecteurs capables de lire les documents officiels actuels et futurs. Le terminal inclut quatres lecteurs (pour les empreintes digitales, pour le RFID, pour les bandes MRZ et pour les cartes à puces). Ce qui permettra de lire les documents d'identité électroniques (cartes d'identité professionnelles des militaires) et biométriques (futurs passeports). Dans le but de faciliter les tâches sur le terrain, les opérations de saisie sont limitées au maximum et le basculement est automatique entre l'utilisation en mode filaire sur la base installée dans le véhicule, ou en mode mobile. '

L'interrogation directe des bases centrales

Le terminal informatique embarqué est un équipement d'extrémité. Lensemble des données remonte et redescend par le réseau Rubis. Dédié aux communications de la gendarmerie, ce dernier est sécurisé par la norme Tetrapol.

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