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Le 26 septembre, la société indienne de services informatiques HCL Technologies a lancé une OPA pour un montant de 441 millions de livres (557 millions d’euros) sur la britannique Axon. Une offre qui constitue en fait une contre-OPA, puisque Infosys, numéro deux des SSII indiennes, avait déjà déposé une offre sur Axon, à la fin du mois d’août, pour 407 millions de livres.
Axon s’est déclaré “ enchantée ” de cette deuxième marque d’intérêt, tandis qu’Infosys faisait savoir qu’il étudiait sa position. Une surenchère est bien entendu possible.
Pourquoi un tel affrontement indo-indien ? Axon, qui a été créée en 1994 et emploie 2 000 personnes en Grande-Bretagne, Amérique du Nord, Australie et Malaisie, est spécialisée dans le conseil pour la mise en place des applications SAP. Or, ces applications, qui sont au cœur des systèmes d’information des entreprises, intéressent beaucoup les SSII indiennes.
L’idée pourrait être de proposer aux gros clients utilisateurs des services d’Axon de délocaliser une partie de ces activités en Inde, avec de grosses économies à la clé.
Présentant cette opération, Vineet Nayar, directeur général de HCL – une entreprise basée à New Delhi qui emploie plus de 50 000 personnes dans 19 pays – a d’ailleurs affirmé vendredi dernier qu’il s’agissait là d’une opération “ susceptible de transformer HCL en en faisant un acteur significatif dans l’univers des services SAP ”. L’enjeu est donc important.
D’ores et déjà, et sans tenir compte d’éventuelles surenchères, l’acquisition sera la plus grosse jamais réalisée à l’étranger par une entreprise high-tech indienne. La précédente était le rachat par Wipro de la firme américaine Infocrossing l’année dernière, pour 600 millions de dollars (415 millions d’euros).
Elle confirme que pour les sociétés indiennes du secteur, l’heure est plus que jamais à l’internationalisation. Désireuses de monter en gamme dans leurs prestations, elles veulent se procurer des compétences et des fonds de commerce en Occident qui leur permettront d’étendre la palette de leurs activités.
Mais il est également très significatif de voir que, si la précédente plus grosse acquisition avait été réalisée aux Etats-Unis, celle-ci concerne l’Europe.
Ce n’est pas un hasard. Alors que les Etats-Unis, et notamment le secteur financier, constituent le premier marché pour les SSII indiennes, celles-ci se sentent très vulnérables au double choc de l’effondrement en série de grandes banques américaines et du ralentissement de l’activité aux Etats-Unis.
D’où un désir manifeste de se tourner vers l’Europe. Non pas que ce continent soit à l’abri des maux qui sévissent outre-Atlantique : mais du moins l’achat de positions fortes en Europe va-t-il permettre un certain rééquilibrage des fonds de commerce des informaticiens indiens.
















