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Un gros tacle. Ou plutôt une agression en règle. D'après nos confrères de la presse américaine, Neil MacDonald, vice-président de Gartner, n'y est pas allé avec le dos de la cuillère.
Lors du premier jour de l'IT Security Summit organisé à Londres par son cabinet d'analyse, Neil MacDonald a pris pour cible les éditeurs d'antivirus. Il a notamment dénoncé des logiciels de plus en plus chers qui sont à l'opposé des autres produits informatiques, dont les prix diminuent à mesure que les technologies s'améliorent.
Il a aussi mis en garde les entreprises, les enjoignant à mettre en concurrence les différents fournisseurs de solutions antivirus pour les empêcher de s'endormir sur leurs lauriers. Enfin, il a malmené les outils de sécurité qui effectuent trop de tâches uniques : soit empêcher les intrusions soit protéger un point d'accès, par exemple. Il a au contraire appelé de ses vœux la sécurité adaptative, selon laquelle les outils de sécurité amèneraient une réponse globale aux menaces comme le ferait un système immunitaire.
Bref, selon le vice-président de Gartner, les éditeurs ne font pas bien leur boulot. “ Il est un peu dur ”, commente – sans toutefois le désavouer – Matthieu Hentzien, responsable commercial chez Hervé Schauer Consultants, spécialiste en sécurité informatique.
“ Les antivirus, on ne peut pas s'en passer, mais je suis d'accord avec Neil Mac Donald sur le fait qu'il ne faut pas hésiter à confronter les offres. Les leaders du marché sont tous bons, mais ils ont tendance à former un oligopole et à se reposer sur leurs acquis. Il faudrait, par exemple, que les entreprises prennent le temps d'effectuer de petits benchmarks pour vérifier les solutions offertes, en lançant sur trois machines un virus et en vérifiant l'efficacité des réponses des solutions éditeurs. ”
Sur le terrain de la sécurité adaptative, Matthieu Hentzien est plus circonspect. “ Ce terme couvre un idéal, une utopie qui semble inatteignable. Il ne faut d'ailleurs pas oublier que beaucoup d'agressions sont issues de défaillances humaines, de gens qui cliquent sur des liens malveillants, et dans ce cas la qualité de l'antivirus n'entre pas en jeu. ”
Forcément, du côté des éditeurs, on se fait plus véhément à la lecture du commentaire du numéro deux de Gartner. “ C'est facile de dire que les antivirus ne sont pas efficaces à 100 % et d'attaquer les 3 % de défaillances de ces systèmes, s'indigne Jean-Philippe Bichard, responsable marketing chez Kaspersky Lab France. Bien sûr, on peut faire mieux sur ces 3 %, mais c'est intellectuellement malhonnête de ne considérer que cela dans un commentaire. Et puis la sécurité adaptative, on ne sait pas trop ce que ça veut dire. ”
On peut dire que Gartner s'est fait des amis !
















