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Thomas Pierrain, architecte d'applications temps réel

C'est un discours sans fard que tient cet adepte des méthodes agiles sur le métier de développeur : il n'est pas reconnu à sa juste valeur en France.

Le métier de développeur a-t-il beaucoup évolué en dix ans ?
Thomas Pierrain : Dans les petites structures où j'ai débuté ma carrière, j'assurais tous les rôles pour un projet donné. J'avais donc l'ensemble des cartes en main pour mettre en ?"uvre ce que j'avais imaginé. Ce sentiment de liberté, je l'ai en partie perdu lorsque j'ai rejoint de plus grosses structures comme la banque pour laquelle je travaille aujourd'hui. Les processus de développement sont industrialisés et les rôles cloisonnés : analystes métier, concepteurs, architectes, développeurs à proprement parler, etc. Pour autant, j'ai gagné en sérénité et en qualité car cette industrialisation emprunte des méthodes de développement guidées par les tests. Un des fondements des méthodes agiles.
Vous avez justement pratiqué ces méthodes agiles pendant deux ans. Aujourd'hui elles vous manquent cruellement...
TP : Oui, c'est frustrant de s'en passer quand on les a adoptées. On a le sentiment de régresser... Car les méthodes agiles rompent avec le mythe des spécifications figées qui guident les approches traditionnelles. Elles visent la satisfaction réelle du besoin de l'utilisateur et non le respect d'un contrat établi préalablement. Je n'ai jamais autant eu le sentiment du travail bien fait que lorsque j'ai participé à des projets d'extreme programming. En cette période de crise financière, peu de cadres dirigeants sont prêts à prendre des risques. Et personne ne leur reprochera de choisir les méthodes de cycle en V ou en cascade alors même qu'elles ont prouvé leur inefficacité.
Quelles sont les perspectives d'évolution pour un développeur ?
TP : Le métier de développeur est malheureusement dévalorisé en France. Une personne avec douze ans d'expérience sera bien souvent considérée comme quelqu'un ayant raté le coche pour devenir chef de projet ou manager. Aux Etats-Unis, ce profil indispensable est au contraire recherché et valorisé, ne serait-ce que pour encadrer les jeunes développeurs.
Vous avez donc dû bifurquer vers la gestion de projet ?
TP : J'ai occupé ce poste à de nombreuses reprises. Mais je n'ai jamais été véritablement motivé par la dimension conduite et suivi de projet. A l'inverse, le volet management et encadrement m'a toujours plutôt réussi.
Comment avez-vous alors géré cette dualité ?
TP : En travaillant en binôme et en répartissant les tâches. Je prenais en charge la responsabilité technique et l'encadrement de l'équipe de développement ; mon collaborateur s'occupait des interactions avec le client, du reporting et de toutes les tâches logistiques qui incombent aux chefs de projet. Partout où j'ai vu se former de tels binômes complémentaires, le résultat était surprenant. Depuis quelques mois je suis architecte et, en ce sens, officiellement délesté de ces contraintes de gestion de projet.
Vous n'avez pas fait de grande école d'ingénieurs. En avez-vous pâti ?
TP : J'ai dû sans cesse faire mes preuves. Ma formation universitaire m'a juste donné les bases de la programmation. Le reste, je l'ai acquis en entreprise et en avalant livre sur livre. Sans oublier la chance que j'ai eue de rencontrer certains experts qui m'ont beaucoup appris et inspiré. C'est l'ensemble de ces contacts et collaborations qui a façonné mon approche technique et humaine de mon véritable métier : la conception de logiciels.

Bio express

Age : 34 ans.
1998 : Deust d'informatique à Paris-VI.
De 1997 à 2005 : développeur, chef de projet puis architecte en régie ou au forfait pour différentes SSII.
En 2003 et 2004 : suit une opération de validation des acquis par l'expérience (VAE) à l'AFCEPF.
Depuis 2005 : travaille sur des problématiques temps réel pour une grande banque d'investissement.

Sites web : blogs, sites communautaires de développeurs et d'architectes. Il a dailleurs son propre blog (http://tpierrain.blogspot.com/).
Journaux et magazines : il consulte assez peu la presse informatique.
Objets technologiques : Wiimote (en détournant son usage à des fins de développement).

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