Mono 2.0 : les applications .NET s'ouvrent à Linux
Grâce à la version 2 de Mono, les applications .NET 2.0 ne s'exécutent plus seulement sur Windows, mais aussi sur Linux, Solaris, Unix et Mac OS.
01net.
le 07/10/08 à 17h50
Sept ans après son
lancement officiel, le portage du serveur d'applications .NET de Microsoft sur Linux est enfin opérationnel. Sponsorisé par Novell,
le projet Mono est un serveur d'applications .NET
open source publié sous licence LGPL. Il permet de faire tourner les
applications .NET sur des OS autres que celui de Microsoft.
' Nous voulons aider les développeurs et les entreprises à migrer vers Linux pour leur donner plus de choix en termes de déploiement ', rappelle Miguel de Icaza, vice-président de Novell
et responsable de l'équipe Mono. Selon IDC, près de 50 % des entreprises utilisent .NET pour développer leurs applications métier.
Mono 2.0 se révèle donc un excellent outil d'accompagnement des DSI dans une migration progressive de ces applications vers Linux, Solaris ou
Mac OS X.
Consolider l'infrastructure autour d'un seul OS
Côté client, les applications métier les plus anciennes (possédant une interface utilisateur basée sur WinForms) sont les meilleures candidates. D'autant que Mono 2.0 est secondé par le projet
Moonlight, qui permet de porter les applications
Silverlight (.NET dans le navigateur) sur Linux.
Côté serveur, l'arrivée de Mono 2.0 aidera les entreprises à consolider leur infrastructure technique autour d'un seul système d'exploitation, virtualisé ou pas.
Comme .NET est désormais la plate-forme de développement par défaut pour Windows Vista, les éditeurs de logiciels et de systèmes d'exploitation devraient eux aussi tirer parti de Mono 2.0. Les éditeurs tels que Red Hat et
Novell (Linux), Sun (Solaris), et Apple (Mac OS X), voient leur catalogue applicatif s'étoffer mécaniquement. Et les éditeurs de logiciels peuvent désormais adresser de nouvelles plates-formes de déploiement sans avoir à redévelopper
leur code.
Une amélioration des performances
Cette version 2.0 fonctionne sur presque toutes les versions de
Linux, Unix (dont Solaris et xBSD), et
Mac OS X.
' Mono 2.0 est la version la plus aboutie fonctionnellement avec l'intégration complète du client
riche, le support de la technologie LINQ, et la possibilité d'embarquer l'environnement d'exécution Mono dans une application écrite en C via
Mono Embedding ', estime Sami Jaber, fondateur du cabinet de conseil DNG Consulting et expert français de .NET.
L'amélioration des performances était également très attendue par les utilisateurs. ' Certains de nos scripts s'exécutent 220 fois plus rapidement
qu'avant ! ', se félicite Jim Purbrick, directeur de Linden Lab qui édite l'univers virtuel Second Life.
La majorité des applications fonctionneront sans transformation
Malgré un accueil enthousiaste, Mono 2.0 ne couvre que le
framework .NET 2.0, c'est à dire ADO.NET et LINQ pour l'accès aux données et la manipulation des objets, Windows Forms et ASP.NET pour la
couche graphique (client serveur et Web). En revanche, de
nombreux langages sont supportés grâce à des compilateurs MSIL : C# 3, VB 8, Java, Ruby, Python, PHP, Eiffel et F#.
Comme les API .NET 3.0 et 3.5 ne sont pas encore prises en compte, l'équipe du projet propose un outil ?" Mono Migration Analyzer (MoMA) ?" pour évaluer la portabilité des logiciels .NET existants.
Selon Miguel de Icaza, 69 % des applications fonctionneront avec aucune ou très peu de transformations. Un petit tiers (31 %) seront en revanche plus difficiles à porter.