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Sept ans après son lancement officiel, le portage du serveur d’applications .NET de Microsoft sur Linux est enfin opérationnel. Sponsorisé par Novell, le projet Mono est un serveur d’applications .NET open source publié sous licence LGPL. Il permet de faire tourner les applications .NET sur des OS autres que celui de Microsoft.
“ Nous voulons aider les développeurs et les entreprises à migrer vers Linux pour leur donner plus de choix en termes de déploiement ”, rappelle Miguel de Icaza, vice-président de Novell et responsable de l’équipe Mono. Selon IDC, près de 50 % des entreprises utilisent .NET pour développer leurs applications métier. Mono 2.0 se révèle donc un excellent outil d’accompagnement des DSI dans une migration progressive de ces applications vers Linux, Solaris ou Mac OS X.
Côté client, les applications métier les plus anciennes (possédant une interface utilisateur basée sur WinForms) sont les meilleures candidates. D’autant que Mono 2.0 est secondé par le projet Moonlight, qui permet de porter les applications Silverlight (.NET dans le navigateur) sur Linux.
Côté serveur, l’arrivée de Mono 2.0 aidera les entreprises à consolider leur infrastructure technique autour d’un seul système d’exploitation, virtualisé ou pas.
Comme .NET est désormais la plate-forme de développement par défaut pour Windows Vista, les éditeurs de logiciels et de systèmes d’exploitation devraient eux aussi tirer parti de Mono 2.0. Les éditeurs tels que Red Hat et Novell (Linux), Sun (Solaris), et Apple (Mac OS X), voient leur catalogue applicatif s’étoffer mécaniquement. Et les éditeurs de logiciels peuvent désormais adresser de nouvelles plates-formes de déploiement sans avoir à redévelopper leur code.
Cette version 2.0 fonctionne sur presque toutes les versions de Linux, Unix (dont Solaris et xBSD), et Mac OS X. “ Mono 2.0 est la version la plus aboutie fonctionnellement avec l'intégration complète du client riche, le support de la technologie LINQ, et la possibilité d'embarquer l'environnement d'exécution Mono dans une application écrite en C via Mono Embedding ”, estime Sami Jaber, fondateur du cabinet de conseil DNG Consulting et expert français de .NET.
L’amélioration des performances était également très attendue par les utilisateurs. “ Certains de nos scripts s’exécutent 220 fois plus rapidement qu’avant ! ”, se félicite Jim Purbrick, directeur de Linden Lab qui édite l’univers virtuel Second Life.
Malgré un accueil enthousiaste, Mono 2.0 ne couvre que le framework .NET 2.0, c’est à dire ADO.NET et LINQ pour l’accès aux données et la manipulation des objets, Windows Forms et ASP.NET pour la couche graphique (client serveur et Web). En revanche, de nombreux langages sont supportés grâce à des compilateurs MSIL : C# 3, VB 8, Java, Ruby, Python, PHP, Eiffel et F#.
Comme les API .NET 3.0 et 3.5 ne sont pas encore prises en compte, l’équipe du projet propose un outil – Mono Migration Analyzer (MoMA) – pour évaluer la portabilité des logiciels .NET existants.
Selon Miguel de Icaza, 69 % des applications fonctionneront avec aucune ou très peu de transformations. Un petit tiers (31 %) seront en revanche plus difficiles à porter.
















