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Des technologies reconnues mais jugées complexes

Respectueux des standards et forts de leurs mécanismes d'automatisation, les serveurs d'applications open source ont percé en entreprise. Choisir une solution libre économise le prix des licences, mais demande des compétences techniques en interne.

Les serveurs d'applications open source se portent très bien. Jadis acteurs très modestes sur le podium des parts de marché, ils rivalisent désormais pleinement avec les solutions propriétaires. En vedette, JBoss Application Server, de Red Hat, fait partie depuis deux ans des cinq solutions les plus performantes d'un marché estimé par le cabinet Gartner à 2,1 milliards de dollars pour le second trimestre 2008. Citons également Glassfish, de Sun, qui ambitionne de rattraper le produit de Red Hat, ou encore le tout jeune S2AP, de l'éditeur Spring Source. Ce dernier met en avant une spécification OSGI et des capacités modulaires. Toujours dans la course, les projets Jonas et Geronimo sont restés des valeurs sûres aux yeux des développeurs et des équipes techniques, à l'instar de PHP et Tomcat, plutôt destinés aux applications qui fonctionnent derrière les sites web.

De nouvelles parts de marché à conquérir

Ces succès témoignent d'un élargissement de la demande, notamment du côté des PME. Celles-ci y trouvent l'opportunité de se doter d'une infrastructure applicative à la mesure de leurs moyens financiers. L'argument technologique est également à prendre en compte : désormais normalisés, les serveurs d'applications Java en open source répondent aux prérogatives des entreprises qui se fournissaient jusqu'ici en solutions propriétaires, plus chères et circonscrites à la seule vision technique d'un éditeur. Enfin, de par leurs mécanismes d'automatisation, les solutions open source suggèrent que le serveur d'applications devient une commodité ; les responsables informatiques se félicitent de ne plus avoir à le considérer comme une charge d'administration à part entière.
Des parts de marché restent pourtant à conquérir, pour lesquelles il convient parfois d'ouvrir son porte-monnaie. Ainsi, le rachat en 2006 de JBoss par RedHat pour 420 millions de dollars a accéléré le glissement du monde libre vers un modèle économique entièrement basé sur le support technique assuré par l'éditeur qui commercialise la solution. Cette orientation a été suivie par plusieurs grands éditeurs, notamment Sun, qui a acquis, début 2008, MySQL pour 1 milliard de dollars. ' Désormais, la concurrence se joue donc sur la qualité de la maintenance, analyse Sébastien Hébert, architecte logiciel chez Octo Technologies, car on ne peut plus juger un serveur d'applications sur ses seules capacités. Elles sont équivalentes entre produits open source et propriétaires. '

Un modèle économique, deux types de support

En matière de support, en revanche, deux tendances s'affirment : ' D'un côté, les offres du monde propriétaire comprennent la mise à disposition d'équipes chez le client et elles coûtent cher. De l'autre, les solutions open source sont économiques, mais nécessitent souvent de bonnes compétences au sein de l'entreprise ', souligne Sébastien Hébert. Selon lui, les logiciels libres n'ont pas encore totalement perdu leur image de produits complexes : ' Des décideurs considèrent toujours que l'effort à fournir pour les maîtriser en interne est trop lourd. '
La communauté open source entend bien résoudre ce problème. Deux consortiums, OSGI (Open Source Gateway Initiative) et SCA (Service Component Architecture) en sont issus pour mettre l'accent sur les services. L'OSGI vise à mieux gérer le cycle de vie des applications. SCA travaille à rendre indépendants les protocoles de communication afin d'obtenir une approche plus modulaire du serveur d'applications. Il s'agit notamment d'encourager les développements orientés composants et d'ouvrir chaque plate-forme à d'autres langages ou services que ceux d'origine.

2 questions à... : Flavien Viollet, chef de la section production informatique de l'établissement de l'Aéronautique navale

Pourquoi avez-vous choisi de migrer vers une plate-forme Linux-Jonas ?

' Nous avons décidé de ne plus utiliser la solution mainframes Z/OS-CICS d'IBM avant tout pour des raisons financières. Le coût cumulé de maintenance matérielle et logicielle et du support nous revenait à plus de 600 000 euros par an. Avec la nouvelle plate-forme, il est de 60 000 euros. Nous voulions aussi assurer la pérennité de notre système. En 2004, nous avons été privés de support durant deux mois. Nous ne pouvions plus utiliser nos applications. C'est ce qui arrive lorsqu'on utilise des outils à redevance mensuelle. '

Les outils propriétaires sont-ils plus fiables ?

' Grâce aux nombreux tests réalisés par la communauté, le degré de maturité nécessaire est vite atteint. Au final, la technologie s'avère aussi bonne quun logiciel propriétaire. Mais je me méfie des solutions commerciales prétendument open source, livrées avec des imperfections pour faire fonctionner le support des éditeurs qui les vendent. '

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