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Les dessous techniques de l'Internet des objets

Philippe Rodier, expert technique d'Orange R&D, nous explique en détail le fonctionnement du futur Internet des objets, rendu possible notamment par la baisse du coût des étiquettes RFID.

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<i>01net.</i> : D'où vient l'expression ' Internet des objets ' ?
Philippe Rodier : Il s'agit d'une nouvelle dénomination un peu marketing pour désigner ce que nous appelons en partie chez Orange le M2M [Machine-to-Machine, NDLR]. L'idée repose sur la possibilité de connecter tous les objets de la planète en leur attribuant un identifiant électronique unique, comme une étiquette RFID par exemple.
Il existe différentes technologies d'étiquettes à radiofréquence (HF, UHF, actives, passives), mais le principe reste le même : pouvoir lire instantanément, même à plusieurs mètres, le contenu numérique de ces étiquettes au moyen d'un lecteur et déclencher ensuite des opérations. Ces étiquettes sont très intéressantes dans le secteur de la logistique, où elles permettent de raccourcir considérablement les inventaires. Elles assurent également un service de traçabilité des produits tout au long d'une chaîne de distribution.

Quel est le format d'identifiant utilisé par les étiquettes RFID ?
Il en existe plusieurs, mais le principal est EPC Global (Electronic Product Code), à 96 bits, surtout utilisé aux Etats-Unis et en Europe. Sa gestion est assurée par l'organisme GS1, dont la mission principale est d'allouer des plages d'identifiants aux industriels. En Asie, le système concurrent s'appelle l'Ubiquitous ID. Mais l'IETF et l'ISO mènent également des travaux sur le sujet.
Et l'adressage IP dans tout cela ?
Dans la perspective d'un Internet des objets, l'adressage IP est également une des pistes à explorer. Cela dit, même avec l'IPv6, je ne suis pas certain qu'il y ait suffisamment d'adresses pour connecter tous les objets du monde. Le système EPC Global a l'avantage de pouvoir numéroter une immense quantité d'objets : imaginons que l'on place 1 million d'objets par centimètre carré de surface terrestre. Avec cette hypothèse toute théorique, chacun pourrait avoir son identifiant EPC.
Un identifiant, c'est bien, mais c'est un peu faible comme information sur un objet...
Oui, certes. Mais si la mise en place de cet Internet des objets se fonde sur le système EPC Gobal, dans ce cas, chaque entreprise utilisant des étiquettes RFID devra poster un serveur sur le réseau pour gérer ses propres étiquettes. En cas d'interrogation, ce serveur sera capable de livrer l'information et les services relatifs à chaque étiquette mise en circulation sur le marché.
Pour faire le lien entre l'identifiant EPC de l'étiquette et le serveur d'information de l'entreprise qui a introduit cette étiquette, il faut mettre en place un système de correspondance entre les deux, d'où la notion d'Object Naming Service, ou ONS. Ce système de nommage est semblable dans son principe au DNS de l'Internet : il nécessite un ou plusieurs serveurs racines, dont le rôle est, à partir d'un identifiant RFID, d'orienter une requête vers les serveurs de la société qui gère cette étiquette et qui contiennent l'information sur sa vie.
Quelles autres analogies pourra-t-on trouver entre l'Internet actuel et l'Internet des objets ?
Il existera également des services de Discovery, c'est-à-dire de recherche sur la vie d'une étiquette, comparables à ce que peut faire Google en matière de recherche sur le Web. L'idée est d'aller interroger régulièrement tous les serveurs RFID, afin de mettre leurs informations dans un cache. Lors d'une requête sur une étiquette, dans l'un de ces moteurs, celui-ci serait capable de remonter toutes les informations présentes dans l'Internet des objets. Pour l'instant, il me semble que seul le registrar Afilias dispose d'un service opérationnel de ce type.
La RFID n'est pas une technologie nouvelle, alors pourquoi soudain tant d'agitation autour d'elle ?
C'est le prix des étiquettes qui a considérablement baissé. Il y a dix ans, elles coûtaient environ cinq euros, voire plus. Aujourd'hui, elles ne coûtent plus que quelques centimes d'euro, ce qui ouvre la voie à un déploiement de masse par les industriels.
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Avis sur «Les dessous techniques de l'Internet des objets»

 

Pour plus de renseignements sur la RFID

de Filrfid , posté le 10 octobre 2008 à 09h18
Pour plus de renseignement sur la RFID Technologie de base de l'internet des objets, nous vous conseillons le lien suivant vers le site Fédération Francophone des Acteurs de l RFID : www.filrfid.org
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