











A l'occasion de sa grand-messe annuelle à San Francisco, Oracle annonce Beehive, son nouvel environnement de collaboration. Il succède à Oracle Collaboration Suite (OCS).
Les produits développés en interne par Oracle sont suffisamment rares pour ne pas les passer sous silence… C'est le cas de Beehive, la nouvelle plate-forme collaborative que l'éditeur a mis trois ans à développer. Sa tâche est complexe : il s'agit de réussir là où OCS a échoué. Autrement dit, contrer les outils Lotus d'IBM et, surtout Sharepoint de Microsoft. Son atout maître : l'architecture. “ La collaboration est fragmentée dans les entreprises. Chaque offre vient avec son propre système de management et c'est vite un cauchemar pour les équipes informatiques ”, avance Charles Rozwat, vice-président développement produit chez Oracle. L'allusion vise directement Microsoft, dont l'approche pour être complète nécessite plusieurs serveurs : Exchange, Sharepoint et Windows Live Communication. Des serveurs souvent déployés isolément dans différents départements. Avec OCS, Oracle se distinguait déjà en stockant tous les éléments de collaboration (courriels, rendez-vous, chat, documents, tâches, conférence web…), dans une même base relationnelle.
Aujourd'hui, avec Beehive, ces éléments se retrouvent au sein d'un même schéma de données, sous forme d'objets de haut niveau. “ Il est plus facile maintenant de créer des relations entre ces objets qui ont chacun conscience les uns des autres. Des liens existent, par exemple, entre le statut de la messagerie instantanée et la disponibilité affichée par le calendrier ”, détaille Mark Brown, directeur de la stratégie collaboration. Autre amélioration : les services de collaboration développés les uns en C, les autres en Java ou en PL/SQL tournent tous sur un socle JavaEE. “ Les modules d'OCS avaient été conçus par des équipes différentes. Même s'ils étaient intégrés, ils répondaient à des logiques de fonctionnement propres, notamment dans la récupération des données, souligne Arnaud Ladrière, fondateur de l'intégrateur Easy Team. Avec Beehive, ces différents services sont totalement harmonisés. ”
Pour se différencier, Oracle mise aussi sur l'interaction de son outil de collaboration avec les processus métier. Beehive est ainsi livré avec son serveur BPEL, et l'éditeur développe des passerelles natives entre Beehive et e-Business Suite ou Siebel. Reste que le succès d'Oracle dépendra de la capacité de ses commerciaux, imprégnés d'infrastructure, à vendre des outils plus tournés vers le poste client. C'est justement l'une des raisons de l'échec d'OCS.
“ Beehive et Sharepoint sont difficilement comparables ”
“ Car la collaboration n'est qu'un des services proposés par notre portail ouvert à la recherche de contenus structurés et non structurés, ou à la gestion de la connaissance. Ces deux services, pourtant très utiles dans un contexte collaboratif, ne sont pas inclus dans Beehive. ”
“ L'offre d'Oracle est monolithique ”
“ La nôtre se compose sur étagère. Si vous ne voulez pas de collaboration synchrone, nul besoin d'Office Communication Server. Par ailleurs, cette centralisation peut s'avérer pénalisante dans certaines configurations, par exemple pour une entreprise comptant de nombreuses filiales. Et lorsqu'elle s'avère nécessaire, nous utilisons des hubs pour relier nos différentes instances de Sharepoint. ”
