01net Pro Entreprise informatique
01net. web avec Google
Actualités gestion et logiciel informatique professionnel
Offre et recherche Emploi informatique internet
Salon conférences inofrmatique IT ebusiness 01
Informatique et TIC pour les PME TPE
Vidéos reportage entreprise acteur informatique
Retrouvez tous les services 01Net dédiés aux professionnels !
Télécharger logiciels Pro et progiciels
Livres blancs e-commerce informatique et nouvelles technologies
Retrouvez l'ensemble des dossiers de la rédaction 01net Entreprise
Les synthèses des bonnes pratiques sur les sujets IT du moment

Pourquoi les petits de la BI séduisent

Ils s'appellent Qliktech ou Spotfire et défient les géants du secteur. Originales, leurs fonctions de navigation contrastent avec la lourdeur des plates-formes ' tout intégrées '.

envoyer
par mail
imprimer
l'article
' Nous aurions bien installé la dernière version de BO, mais nous devions pour cela mener une escalade de migration. Il serveurs Unix ainsi que nos bases de données. Sur le front nous fallait mettre à jour nos des ETL, nous souffrons d'une autre problématique : depuis qu'Oracle a repris Sunopsis, il nous est plus compliqué de rencontrer leurs représentants. ' Ces contraintes vécues par Muriel Motté, DSI de Caroll International, fabricant et distributeur de vêtements, résument bien les raisons qui poussent de plus en plus de moyennes entreprises dans les bras des éditeurs alternatifs de solutions de Business Intelligence (BI). Chef de file de ces nouveaux venus, le suédois Qliktech, dont la croissance est insolente. Sa percée est d'autant plus perceptible depuis la grande vague de consolidation (rachats de BO, Hyperion et Cognos) qui a secoué le marché du décisionnel il y a environ un an.
Faut-il y voir un lien ? Une chose est certaine, en tout cas, les utilisateurs subissent aujourd'hui le revers de médaille de ces grands mouvements : déséquilibre de taille dans les négociations, augmentation des prix (rien que 40 % pour Outlooksoft), politique tarifaire confuse, portefeuille frisant la boulimie... Ces rapprochements étaient pourtant assortis de belles promesses, notamment celle d'intégrer différents modules de BI jusque-là séparés. ' Cet objectif n'a pas encore été atteint, rétorque Patrice Godard, directeur conseil de Micropole-Univers. Les référentiels de métadonnées de BI et de planification restent encore séparés. Plus généralement, les domaines financier et opérationnel ne se parlent pas encore. '
Mais il y a plus grave : ces grosses plates-formes seraient en panne d'innovation... ' Dans les années 90, nous avons assisté à la révolution des couches sémantiques. Depuis, il s'est passé peu de chose ', constate Sébastien Ricard, consultant chez Keyrus, chargé du développement d'offres alternatives. Il y a bien eu le passage du client-serveur au web... Mais il s'est fait au détriment d'une perte de fonctionnalités qui commence seulement maintenant à être comblée. En fait, ces plates-formes souffrent paradoxalement de leur exhaustivité. ' Leur créativité est freinée par les exigences de comptabilité que doivent respecter leurs différents modules et leurs versions associées ', constate Patrice Godard.
C'est dans ce contexte que de petits acteurs se sont révélé depuis un ou deux ans. Ils comblent des besoins très précis : audit et diffusion de rapports, sécurité, gestion de versions... Mais c'est principalement dans la visualisation de données qu'ils se distinguent. En pointe, les solutions émanant de Qliktech et de Spotfire (propriété désormais de Tibco) : toutes deux reposent sur le principe du stockage en mémoire (ou stockage vectoriel).

Des agrégats calculés à la volée

Ces plates-formes se différencient des approches traditionnelles dès le chargement des données. Elles ne se nourrissent en effet que d'informations de détail. Les agrégats sont calculés à la volée, lors de la navigation effectuée par les utilisateurs. ' Sans Qliktech, j'effectuerais classiquement mes agrégats au niveau de mon ETL et/ou de mes Univers (la couche sémantique de Business Objets ?" NDLR). Au risque de perdre en niveau de détail ', rapporte Muriel Motté, DSI de Caroll International.
Seul paramétrage à réaliser dans ces outils, le ' mapping ' des bases, via les templates fournis par les éditeurs. ' Spotfire procure un environnement pour associer les tables ou le résultat d'une procédure stockée de notre entrepôt aux variables que nous souhaitons voir figurer. L'opération ne dure pas plus d'une heure ', affirme Arnaud de la Porte du Theil, chef de projet Spotfire chez BP2S (BNP Paribas Securites Services) au sein du département IRP (Ingénierie du reporting et de la performance).
Qliktech et Spotfire se démarquent par leur capacité à digérer tout type de contenu. Des bases relationnelles, bien sûr, mais également des cubes (SQL Server ou SAP BW) ou des documents bureautiques (Excel, notamment). Ainsi la R&D de BioMérieux n'alimente Spotfire qu'avec des fichiers plats : ' Nous n'avons pas encore déployé d'entrepôt de données. Nous chargeons directement dans notre outil de visualisation les fichiers d'analyse générés par nos scientifiques. Mis à part un module spécifiquement développé pour mettre à plat les données issues d'une structure XML, aucun paramétrage n'a été nécessaire ', détaille Julien Marchand, chef de projet R&D chez BioMérieux. Ces fichiers sont sélectionnés, puis chargés (en quelques secondes) par les utilisateurs eux-mêmes. Et les noms des colonnes apparaissent automatiquement sous la forme de variables dans l'espace de visualisation.
Si les deux plates-formes sont classiquement alimentées ' par le bas ', elles s'ouvrent également à un mode de saisie ' par le haut '. C'est ce que réalise Caroll International lorsque ses analystes effectuent les mises à jour depuis Qliktech. ' A partir d'une sélection d'articles, nous saisissons le niveau de stock directement dans le datawarehouse, via un mécanisme d'import-export fourni dans l'outil. Pour la même opération, avec BO, nous devions exporter la requête, la transformer en fichier plat et la charger dans la base via un programme développé en spécifique. C'était très lourd ', se souvient Muriel Motté. Il est à noter que la dernière version livrée par l'éditeur suédois, la v.8, autorise désormais des champs de saisie non plus seulement dans le datawarehouse, mais aussi au niveau du serveur, et donc en mémoire. Elle ouvre ainsi la porte à la planification.

Une interface de navigation ergonomique et efficace

Outre la souplesse liée à l'alimentation de données, ces plates-formes alternatives brillent par l'autonomie qu'elles confèrent aux utilisateurs au cours de leurs investigations. Première impression : la disposition des écrans de visualisation paraît simple. Voire simpliste... ' Une zone sur la droite concerne le filtrage des variables nécessaires aux analyses. Au centre, figurent graphes, tableaux et autres histogrammes. Les données de détails qui correspondent à ces éléments graphiques sont en bas. Enfin, une dernière zone est consacrée à la navigation par onglets, qui présente différentes vues ', expose Laurent Chauvirey, MOA du projet Spotfire à la BP2S. Celui-ci craignait initialement que cette interface épurée ne devienne vite un carcan. ' Mais je ne mesurais pas à quel point les perspectives d'investigation allaient s'avérer si riches. '
Cette richesse est en partie due à la facilité de manipulation des variables. ' L'utilisateur filtre lui-même ses dimensions, les agrège et génère par un simple glisser-déposer les graphiques associés. Par ailleurs, il peut zoomer à tout moment sur les informations élémentaires ', expose Thierry Douvinet, DSI de la Socopa. Chez ce spécialiste de l'abattage et de la découpe de viande, les onglets ont été utilisés pour définir différents axes d'analyse tels que le temps, la géographie, les produits... ' Lorsqu'on les active, tous les agrégats, tableaux ou graphiques se reconfigurent à la volée en fonction de ces dimensions. ' Au final, là où un utilisateur met une heure à configurer ses tableaux sous Excel, il ne passe ici que cinq minutes.
Procédure de chargement quasi-transparence, autonomie dans la navigation et dans la construction de rapport, quasi-instantanéité des traitements... A cette liste dithyrambique, ajoutons aussi la rapidité de déploiement de ces solutions. Un mois seulement par exemple pour le projet mené à la BNP. Le temps de spécifier les sources de données et de définir les éléments graphiques ainsi que les axes d'analyse.

Une indépendance vis-à-vis des équipes techniques

Que reste-t-il dans ces conditions aux éditeurs historiques en matière d'analyse de données ? ' Je ne remplacerais pas une solution l'une par l'autre. BO n'a pas d'équivalent pour la génération de requêtes complexes. Des requêtes qu'un utilisateur bien formé réalise en toute autonomie ', lance Muriel Motté. A la Socopa, en revanche, BO et Cognos vont progressivement être délaissés. Non pas que les résultats des analyses soient en cause. C'est la trop forte dépendance vis-à-vis des équipes techniques qui contrarie. ' Pour combler des besoins ponctuels, les utilisateurs demandent aux équipes techniques de leur générer des requêtes. En très grand nombre. Mais celles-ci ne sont souvent exploitées qu'une seule fois. Leur gestion devient alors très complexe ', justifie Thierry Douvinet. Autre caractéristique, les cubes de Cognos sont souvent exploités par certains contrôleurs de gestion. Mais s'ils sont très satisfaits, les informaticiens qui les préparent chaque semaine le sont un peu moins...
En attendant, ces offres se répandent comme une traînée de poudre dès lors qu'elles ont été expérimentées. A la BP2S entre autres, certains utilisateurs exploitent déjà Spotfire sur le poste de travail, souvent en complément d'Excel, afin de réaliser des tableaux croisés dynamiques. Et ce, sans ajouter de plug in Flash ou ActiveX dans leur navigateur. De la même façon, chez BioMérieux, on est passé de quelques utilisateurs avertis en 2002 à une cinquantaine actuellement. ' Nous avons connu l'effet micro-onde : dès que l'on touche à cette technologie de visualisation, il est impossible de s'en passer tant le processus d'analyse de données est fortement accéléré ', résume Julien Marchand.
Aujourd'hui, ces offres ne séduisent pas uniquement les moyennes entreprises. Elles sont aussi une aubaine pour les intégrateurs spécialisés, dont les relations avec les gros éditeurs se sont considérablement rafraîchies. La principale cause de ce refroidissement : ces derniers ne leur laissent plus la possibilité de vendre en direct auprès des grands comptes. En conséquence, que ce soit désormais de vrais mastodontes n'a fait qu'empirer les choses. ' Résultat, nous nous tournons de plus en plus vers des missions de conseil, confirme Patrice Godard de Micropole-Univers. Parallèlement, depuis un an, nous réalisons une veille active sur les petits acteurs du marché, avec lesquels nous avons déjà signé nombre d'affaires. '

Un lutin chez les ogres

La percée de Qliktech est trop récente pour être significative face aux géants (dont SAP, qui pèse désormais 1,3 Md$ dans ce secteur). Même si depuis quatre ans, il affiche une croissance annuelle de l'ordre de 80 %. En France, l'éditeur compte 200 clients (essentiellement des petites structures) dont la moitié utilise BO. La taille moyenne de ses contrats s'élève à 30 000 euros.

Ils simplifient la vie des utilisateurs

Utilisation. Le fabricant et distributeur de vêtements exploite le logiciel pour ses achats. Il déploiera prochainement la version 8 à des fins de planification.

Muriel Motté, directrice des systèmes d'information
' Qliktech est un glouton de données qu'il explore en un temps record '

Utilisation. Qliktech devrait remplacer BO et Cognos, utilisés par les commerciaux et les contrôleurs de gestion. Il visualisera aussi les données de SAP BW.

Douvinet Thierry des systèmes directeur d'information
' Nous aucune n'avons plus requête à maintenir '

Utilisation. Bientôt en production, Spotfire servira BP2S (en l'occurrence, les gestionnaires de fonds).

Arnaud de la Porte du Theil (à droite) et Laurent Chauvirey, chefs de projet MOE et MOA
' Spotfire est similaire à un tableau croisé dynamique dont la puissance aurait été décuplée '

Utilisation. Spotfire est exploité pour analyser les résultats de calculs stockés dans des fichiers plats, et non dans des bases de données.

Julien Marchand, chef de projet R&D
' Les utilisateurs filtrent les variables a posteriori '

Les nouveaux venus s'infiltrent dans trois grands domaines

Qliktech (avec Qlikview), Tibco-Spotfire (avec DecisionSite), Cognos-Applix (avec Executive-Viewer) ou encore Hicube (xxx). Tous s'appuient sur une technologie de base vectorielle en mémoire pour offrir un système de navigation particulièrement souple.

EBI Expert (avec Version Manager) et Click audit XI aident à gérer les versions des Univers (couche sémantique de BO) au cours de leur stade de développement : test, préproduction, production, V.2...

Infoburst (avec Infosol) propose un planificateur de tâches qui décèle l'arrivée de nouvelles données dans le datawarehouse, filtre les rapports et les distribue en fonction des cibles.

Une contextualisation des recherches jusque-là inédite

A gauche, l'environnement d'analyse de QlikView, à droite, celui de Spotfire. Les deux espaces offrent des similarités en ce sens qu'ils génèrent une liste de variables qui n'a pas été explicitement exigée lors du paramétrage. Cette liste offre, par conséquent, à l'utilisateur des perspectives d'exploration qu'il n'aurait forcément soupçonnées.

Ce qu'ils en pensent : L'intégrateur - Lionel Grivel, directeur général adjoint France du groupe Keyrus

' Nous étudions de plus en plus les offres de BI alternatives '

' La forte relation avec BO s'est distendue. Suite à la prise de pouvoir en interne des équipes de SAP, les rapports humains qui nous liaient ne sont plus comme avant. Le phénomène concerne, dans une moindre mesure, IBM et Cognos. '

' Les utilisateurs retrouvent l'autonomie qu'ils avaient perdue en manipulant les grosses plates-formes du marché '

' L'architecture de ces plates-formes est si complexe qu'ils ne peuvent plus faire un pas sans demander l'aide des équipes informatiques. Les nouvelles technologies de visualisation résolvent ce problème. Toutefois, elles remettent parfois en cause certains fondamentaux de la BI moderne. Comme celui de la centralisation de données, qui, avec ces offres, n'est plus un pré requis. '

Ce qu'ils en pensent : L'analyste - Surya Mukherjee, analyste chez Datamonitor

' Tous les éditeurs de BI s'ouvriront, à terme, aux techniques de stockage en mémoire '

' Cognos a déjà fait un pas dans cette direction en rachetant Applix. Et BO devrait proposer sa propre offre en s'appuyant sur le module BI Accelerator, de SAP. Ils suivront le sillage de Qliktech, qui poursuit sa percée mondiale. '

' Ces offres se restreignent cependant aux PME '

' En effet, elles ne proposent aucun module de gestion de la donnée. Qu'il s'agisse d'outils de dédoublonage, de vérification de la qualité ou de MDM (Master Data management ?" NDLR). Et leurs fonctions analytiques restent bien plus pauvres que celles des spécialistes du datamining. Ensuite, leur percée dans les grands comptes risque d'être freinée par la volonté des entreprises de pérenniser les investissements déjà réalisés dans les plates-formes classiques de BI. '

Ce qu'ils en pensent : Le concurrent - Jean-Michel Jurbert, responsable marketing midmarket chez Business Objects (SAP)

' Nous confirmons l'apparition de ces acteurs sur le marché '

' C'est un cycle tout à fait normal. Cependant, ils ne sont pas présents sur les appels d'offres à l'issue desquels les grosses entreprises standardisent leur plate-forme de BI autour d'une seule solution. La concurrence est certes plus ouverte sur le terrain des PME. Nous y répondons avec une récente offre packagée dont la tarification repose sur le nombre d'accès concurrents. '

' Notre environnement d'analyse se transforme '

' Nous voulons que l'utilisateur gagne en autonomie. Jusqu'à présent, ce dernier évoluait dans des environnements assez figés. Avec Polestar, il naviguera via des mots-clefs en langage naturel, dans des espaces construits à la volée. Il saffranchira en partie des techniciens pour répondre aux questions spécifiques. Cette nouvelle technologie repose sur une indexation préalable de nos Univers. '

publicité
Nos partenaires