Un nouvel emballage pour les serveurs virtuels

Première amorce de standard, OVF facilite la distribution et l'installation d'applications sous la forme de serveurs virtuels. En outre, il apporte davantage d'intéropérabilité aux hyperviseurs.
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Les faits

La spécification Open Virtualization Format, élaborée par plusieurs acteurs de la virtualisation et de l'industrie informatique, a été validée comme standard par la Distributed Management Task Force et commence à être adoptée.

L'analyse

Encore une promesse de la virtualisation : simplifier la fourniture et le déploiement d'applications. Il s'agit non pas de livrer aux utilisateurs des logiciels isolés qu'ils devront installer et configurer, mais une pile complète – système d'exploitation + application + composants additionnels éventuels – préconfigurée sous la forme d'une machine virtuelle. Il suffit ensuite de la déployer sur un hyperviseur. Conformément à cette vision, des dépôts de serveurs virtuels ont vu le jour, chez VMware, rPath ou Virtualappliances.net. Et VMware veut pousser le principe plus loin avec la notion de vApp, définie par Stephen Herrod, son directeur technique comme “ un conteneur de plus grande taille qu'un serveur virtuel, qui associe dans une seule enveloppe plusieurs tiers assurant la fourniture d'un service ”, un environnement multitiers virtuel donc, contenu dans une “ bulle ”. Mais, jusqu'ici, la création de ces serveurs virtuels se faisait sans règles établies. L'industrie dispose désormais du standard Open Virtualization Format (OVF). Ce format de description est l'enveloppe dans laquelle résideront les différents composants d'un serveur virtuel. Ce dernier est formé d'un seul composant fonctionnel (un serveur web), ou de plusieurs (une pile Lamp, un logiciel de e-commerce avec frontaux et SGBDR, etc.). OVF se veut aussi l'espéranto que les plates-formes de virtualisation parleront afin de comprendre de quelle façon elles doivent prendre en charge ces serveurs virtuels. VMware a déjà inclus OVF dans VI 3.5, Citrix promet son implémentation pour cet automne, Microsoft s'est engagé à rendre Hyper-V compatible.

Intégrer des exigences complexes

OVF ne se substitue pas aux formats de disques virtuels existants (VMDK de VMware, VHD de Microsoft, etc.) mais les emballe et les enrichit d'informations, les métadonnées nécessaires au déploiement. Ainsi un paquet OVF présentera-t-il à toute plate-forme compatible OVF, hyperviseur ou console d'administration de serveurs virtuels, ses exigences. Celles-ci portent sur des impératifs simples (nombre de processeurs virtuels nécessaires, mémoire et disques exigés, etc.) ou plus complexes (type d'hyperviseur imposé, composants additionnels pour l'optimisation post-installation, ou encore configuration réseau à appliquer entre les serveurs virtuels composants une vApp). OVF assure aussi des tâches élémentaires d'administration, comme la vérification d'intégrité des composants d'une VM, ou le contrôle des licences des logiciels déployés.

De plus OVF améliorera la portabilité des serveurs virtuels entre hyperviseurs. Simon Crosby, directeur technique chez Citrix, l'explique : “ Notre outil Kensho, basé sur OVF, aidera les éditeurs d'applications et les équipes informatiques à produire des serveurs virtuels une seule fois sous la forme de gabarits applicatifs étalons, indépendants de la plate-forme de virtualisation choisie pour leur déploiement. ” Les plates-formes savent lire les formats de disques virtuels concurrents, voire les convertir. OVF étend cette compatibilité à l'acquisition par la plate-forme hôte d'une plus grande quantité d'informations sur le fonctionnement de l'environnement invité. Mais OVF n'est pas une solution miracle : ne seront compatibles multi-hyperviseurs que les paquets OVF créés dans cette intention, c'est-à-dire ne présentant pas une affinité trop nette avec un hyperviseur précis. Le marché de la conversion de machines virtuelles a encore de beaux jours devant lui.

Trois niveaux de portabilité avec OVF

OVF permet de créer des machines virtuelles plus ou moins portables entre hyperviseurs de technologie et de génération différentes.

Ils ont dit oui à OVF

Citrix avec Kensho, une suite d'outils pour l'import-export d'environnements applicatifs virtuels entre infrastructures Xen, Hyper-V et VMware.
Manage IQ et sa suite Enterprise Virtualization Management, qui automatise les tâches de supervision de machines virtuelles.
Oracle a confirmé le partenariat avec Intel autour d'OVF, probablement pour adapter OracleVM, la machine virtuelle maison basée sur Xen, à OVF.
Fortisphere, éditeur d'outils d'administration pour la virtualisation compatibles OVF.
IBM porte le projet Open-OVF, une suite d'outils open source pour la création et la manipulation de machines virtuelles au format OVF dans une optique multi-hyperviseurs (KVM et Xen en priorité).

2 questions à… : Lionel Cavalliere, responsable marketing produits Europe chez VMware

Qu'apporte OVF ?

“ Un format unique de serveur virtuel interprétable par tous les hyperviseurs d'une part, des métadonnées qui décrivent ce qu'il y a dans la ou les machines virtuelles d'autre part. Ce second point va aider à définir un service applicatif, même lorsqu'il comporte plusieurs tiers, en indiquant les relations entre ces tiers, un point au moins aussi important que la portabilité. ”

De quelle manière ?

“ OVF fournit des données complémentaires sur les serveurs virtuels qu'il enveloppe, par exemple l'ordre de démarrage des différents modules applicatifs d'un service multitiers, les interdépendances entre composants et, même, des exigences de niveau de service qui seront interprétées par la plate-forme de virtualisation, puis traduites dans l'infrastructure en termes de ressources. ”

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