











Le 19 septembre Cisco annonce le rachat de Jabber. Quelques jours après, il enrichissait son portfolio applicatif avec Webex Connect, plate-forme collaborative en mode Saas.
Avec l'acquisition de Postpath et de Jabber, l'équipementier poursuit ses emplettes dans le domaine de la collaboration. Les technologies de messagerie et de messagerie instantanée qu'il vient d'acquérir seront intégrées dans la plate-forme collaborative Webex Connect. Si cette dernière est articulée autour de la conférence web et de la téléprésence, elle mord aussi sur le partage de documents et la messagerie instantanée. Autant dire une véritable plate-forme collaborative se rapprochant de ce que propose Microsoft ou IBM. Même si certaines fonctionnalités font encore défaut, comme la gestion de projet, ou restent rudimentaires, comme la gestion de documents, l'objectif affiché par Cisco est de construire une plate-forme ouverte destinée à interagir avec d'autres systèmes, y compris ceux de Microsoft. Une ouverture facilitée par l'adoption de standards découlant des rachats. Jabber apporte ainsi, en plus de ses logiciels, une communauté de développeurs active dans l'implémentation du standard XMPP (Extensible Messaging and Presence Protocol) dans différentes applications. “ Les sociétés rachetées ont des technologies intéressantes et peu d'employées. Le but est d'intégrer rapidement les équipes et de conserver leurs compétences ”, précise Pierre Ardichvili, responsable du développement du marché des communications unifiées pour Cisco. La vision du numéro un des routeurs consiste encore et toujours à mettre plus d'intelligence dans le réseau. Ce qui lui permet de revendiquer son statut d'équipementier bien qu'il annonce une solution concurrençant celle proposée par Microsoft
Ses concurrents ont aussi effectué des rachats cette année dans le domaine de la collaboration, comme Avaya avec Ubiquity Software, au début de cette année, et Nortel avec Pingtel, en août dernier. Cependant, la stratégie de Nortel diffère fondamentalement de celle de Cisco. Il a choisi de nouer des partenariats avec Microsoft et IBM afin d'intégrer leurs solutions. Il n'a apparemment pas l'intention de développer ses propres solutions de partage de documents et de trop s'éloigner de la téléphonie. Comme le précise Benoît Leridon, responsable avant vente Europe du sud chez Nortel, “ le rachat de Pingtel vise à fournir les mêmes fonctionnalités qu'un PABX traditionnel, mais à l'aide d'une solution purement logicielle utilisant le protocole SIP ”. Nortel garde donc la téléphonie comme unique cœur de métier au contraire de Cisco qui, lui, a les moyens de monter plus haut dans les couches applicatives. Il lui reste toutefois du chemin à parcourir qu'il comblera peut-être avec des rachats… Alors à qui le tour ?
150 M d'euros pour le marché français en 2008.
48 % de croissance annuelle dans les deux prochaines années.
Un tiers des organisations ont déjà adopté la messagerie et le partage de calendriers et d'agendas en mode Saas. Ce sont les deux applications collaboratives les plus utilisées. Mais d'ici à 2010, la conférence web et la gestion de projet devraient approcher ce taux d'adoption.
Spécialiste de la collaboration et des réseaux sociaux en entreprise.
“ Cisco a plus d'argent à sa disposition que de compétences dans l'applicatif ”
“ Procéder par acquisitions est donc un bon moyen d'étoffer sa plate-forme applicative. Cette politique a l'avantage de favoriser les changements rapides. Le tournant a eu lieu en 2007 avec le rachat de Webex, à la marque et à la technologie réputées. Les acquisitions de Postpath, fin août, et de Jabber, quelques semaines plus tard, accentuent les tonalités open source et standard de l'offre de Cisco. ”
“ Cisco est bien dirigé et digère bien ses rachats ”
“ Il reste toutefois marqué par son passé d'équipementier. Les partenaires et le modèle économique ne sont pas les mêmes que pour un éditeur de logiciels. L'évolution n'est donc pas forcément évidente. De plus, les employés de Cisco ont l'habitude d'être les premiers sur leur secteur. Dans le collaboratif, ils se retrouvent face à IBM et Microsoft et ne sont pas en position de force. ”
