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185 000 dollars pour déposer son extension de nom de domaine

Le gestionnaire des noms de domaine, l'Icann, publie enfin les détails sur la procédure d'attribution des nouveaux suffixes de l'Internet. Les frais de dossiers s'élèveront à 185 000 dollars.
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Vendredi dernier, l'Icann a publié une première version du guide de procédure pour les candidats aux nouvelles extensions génériques de noms de domaine (.dupond, .pepsi, etc.), également appelées gTLD (Generic Top Level Domain). Organisé en six chapitres, l'ouvrage, qui n'est pour l'instant qu'une ébauche, précise la manière dont ces suffixes seront octroyés et le coût que cela représente.

Ainsi, seules les sociétés pourront déposer une de candidature. Celle-ci devra être accompagnée d'un chèque de 185 000 dollars (environ 147 000 euros) pour les frais de dossier. Par la suite, l'heureux détenteur d'une extension devra s'acquitter d'un droit annuel s'élevant à 5 % du chiffre d'affaires engendré par la vente des noms de domaine fondés sur l'extension détenue, avec un minimum de 75 000 dollars par an (soit 52 500 euros par an). Vous avez dit cher ?

Un premier appel à candidatures en 2009

“ Certes, ce n'est pas donné. Mais il faut voir que cette somme permettra de gérer un domaine de premier niveau, avec tous les privilèges que cela induit en termes de sécurité et de visibilité, explique Stéphane Van Gelder, directeur général du bureau d'enregistrement Indom. Par ailleurs, l'Icann, qui est un organisme à but non lucratif, souligne que les sommes ne serviront qu'à couvrir les coûts de fonctionnement. Rien que l'élaboration du nouveau programme d'attribution a déjà coûté 12,6 millions de dollars. ”

Il est vrai que la procédure d'attribution des nouveaux suffixes du Web est loin d'être simple. L'Icann compte organiser un cycle d'appel à candidatures, une fois par an, qui durera 45 jours. Le premier cycle devrait démarrer au second semestre 2009. Une fois l'appel à candidatures clos, les dossiers seront examinés un à un.

L'Icann inspectera d'abord les éléments techniques, administratifs et financiers du dossier, analysera ensuite les risques de redondance ou de confusion avec des noms existants, puis jugera de l'utilité des dossiers pour la communauté Internet. Quand deux dossiers de qualités identiques seront en concurrence féroce sur un même nom, l'Icann l'attribuera au plus offrant.

Le droit de faire appel

Après cette période d'examen, les projets retenus seront publiés sur le Web de l'Icann afin que certains groupes puissent faire appel. Ainsi, les détenteurs d'une extension pourront le faire s'ils estiment qu'un dossier va créer une confusion pour les internautes (par exemple, .pepssi et .pepsi). Les détenteurs d'une marque pourront s'opposer à un dossier pour des raisons de droit de propriété intellectuelle.

Les communautés implicitement visées par une extension pourront également faire appel, si elles pensent être exclues du projet d'extension. Exemple : un constructeur automobile pourra retoquer le .voiture de son concurrent s'il n'a pas été consulté. Enfin, il sera possible de faire appel en invoquant des raisons morales et d'ordre public, par exemple pour interdire le .nazi ou le .porno. Dans ce dernier cas, on ne sait pas encore clairement qui aura le droit de contester la légitimité d'un dossier, mais il est probable que ce seront des représentants gouvernementaux et/ou des organismes d'utilité publique.

Une libéralisation pour les riches

Les derniers détails de la procédure d'attribution seront fixés d'ici à la fin de l'année, à l'issue de la prochaine réunion de l'Icann au Caire, début novembre. Il ne faudra pas s'attendre à une ruée sur les extensions de noms de domaine. L'Icann table sur 500 dossiers de candidature en 2009. En effet, seules les sociétés les plus fortunées sont véritablement concernées. En plus des frais de dossier et des droits annuels, il faut prévoir le coût relatif à la gestion technique et administrative d'un nom de domaine. “ D'une certaine manière, chaque détenteur devient un Afnic à lui tout seul, et il faudra qu'il dispose des moyens qui vont avec. Au total, il faudra prévoir un budget de 700 000 euros pour se lancer ”, estime Jean-François Poussard, responsable des noms de domaine au MailClub.

Evidemment, les entreprises intéressées ne vont pas s'improviser hébergeur ou bureau d'enregistrement. La plupart d'entre elles feront appel à des prestataires pour accéder au septième ciel de l'Internet.

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