











Après quatre ans de recherche, le projet Secoqc a fait la démonstration d'une distribution de clés de chiffrement inviolable. Siemens, Thales, Toshiba, IdQuantique et Smartquantum planchent sur les implémentations.
Il y a deux nouveautés essentielles dans la démonstration du projet européen de chiffrement quantique Secoqc : la génération quantique de clés de chiffrement s'opère à un débit suffisamment élevé pour être exploité dans la pratique (1 Gbit/s) ; et il est possible de faire communiquer autant de machines qu'on le souhaite. Si la distribution quantique n'a lieu qu'entre deux points physiques, les appareils qui génèrent les clés incorporent désormais des protocoles réseaux traditionnels et peuvent router vers d'autres sous-réseaux les clés, décodées et régénérées à la volée par chaque relais. Ces clés chiffrent des données qui transiteront ensuite sur la même fibre, mais sans manipulation quantique cette fois.
Vendues entre 30 et 100 000 euros, les solutions sont implémentées de manière disparate chez les fournisseurs. L'ETSI, l'organisme de normalisation de l'UE, planche sur un standard dont les premières spécifications pourraient être publiées dès décembre. Mais la disponibilité des solutions ne suffira peut-être pas à démocratiser le cryptage quantique auprès des entreprises. Alain Takahashi, fondateur d'Hermitage Solutions, estime qu'il faut le promouvoir : “ La plupart des grands groupes français ne chiffrent pas leur réseau car ils n'ont pas encore pris conscience qu'il est très simple d'espionner une fibre optique. ” François Guignot, PDG de Smartquantum, prédit au contraire une explosion rapide du cryptage quantique : “ D'ici à 2010, la démocratisation des centres de données hébergés va faire comprendre à toutes les industries qu'elles doivent s'équiper. ”
Le cryptage quantique est-il vraiment au point ?
“ Oui ! les solutions disponibles sont fiables, ce qui est déjà un succès en soi. Mais pour décoller, il faut rationaliser leur coût et, surtout, certifier leur sécurité. Paradoxe : les cryptographes classiques qui ont un rôle de prescripteur auprès des industriels français ont assez peu travaillé sur la distribution quantique des clés. ”
Comment se positionnent les acteurs français ?
“ La France est bien placée pour l'expertise en cryptographie – en recherche, pour l'Etat ou les grands groupes. Et elle est apte à adopter des technologies nouvelles dans ce domaine, comme elle l'avait montré avec la carte à puce. Accessoirement, le Secoqc a démontré que l'Europe est plutôt en avance sur ce thème, tant au niveau des performances que de la stratégie d'intégration au sein des infrastructures réseaux. ”
