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Symantec se recentre sur la protection de l'information

Si la sécurité et le stockage sont toujours les compétences clés de l'éditeur, ce sont la gestion et la préservation de l'information ?" et non des équipements ?" qui sont désormais mises en avant.

Les faits

Durant la première édition européenne de sa conférence utilisateurs Vision + Manage-fusion, Symantec a présenté sa stratégie Information Risk Management (IRM) pour la protection des données non structurées de l'entreprise.

L'analyse

Symantec ne se contente pas de racheter à tour de bras, mais essaie de fédérer son catalogue pléthorique autour des notions de gestion et de préservation de l'information. La récente annonce de la stratégie Information Risk Management (IRM) en est une illustration. L'éditeur se fonde sur deux constats. D'une part, les attaques virales ou les tentatives de pénétration visent plus à s'approprier des données sensibles (dans 70 % des cas selon les chiffres internes de l'éditeur) qu'à mettre à terre le système d'information. D'autre part il pèse sur les entreprises des exigences croissantes de préservation des données dans des conditions d'intégrité vérifiables. Un mouvement qui tient aussi bien à la fameuse ' compliance ' des Anglo-Saxons, les obligations légales des entreprises, qu'à la très mauvaise image que donnent les fréquentes pertes de données personnelles.

Vers une multiplication des synergies

Par conséquent, il importe de protéger l'information plutôt que les réseaux ou les équipements. A cet effet, Symantec associe au sein de son offre IRM, de façon transversale et complémentaire, la passerelle de sécurisation de la messagerie Brightmail (issu de Symantec), le serveur d'archivage Enterprise Vault (venu de Veritas) et l'outil de suivi et de contrôle des contenus sensibles Data Loss Prevention (du rachat de Vontu en 2007). L'ensemble doit fonctionner comme une chaîne globale de protection et de contrôle de l'information aux points critiques.
IRM ne devrait former qu'une branche d'un mouvement plus vaste de repositionnement des offres. Considérant que la phase difficile de l'intégration de Veritas est terminée, Symantec entend multiplier les synergies. Le logiciel de sauvegarde Netbackup communique à présent avec les systèmes d'alertes de sécurité des outils Symantec pour que, en cas de menace élevée, la fréquence des sauvegardes évolue. Là encore, la sauvegarde est moins valorisée comme fonction de maintenance des serveurs que comme opération de protection des informations à appliquer de façon variable selon les circonstances.
Prochaine étape : l'arrivée, dans les prochains mois, d'Open Collaborative Architecture, un framework global sur lequel viendront se connecter les différents produits de Symantec. En effet, les utilisateurs de ses logiciels doivent recourir à une série de consoles, dont certaines ont déjà été consolidées autour d'Altiris. Open Collaborative Architecture prendra donc en compte l'ensemble des produits de la gamme et permettra aussi à des éditeurs tiers de s'y connecter. Il s'agit bien sûr de présenter aux clients une plate-forme complète et modulaire plutôt qu'une collection de produits. Il reste bien du travail pour y parvenir.

3 questions à... : John Thompson, PDG de Symantec

Quatre ans après, la fusion avec Veritas fait-elle toujours sens ?

' La plus grande partie de ce que nous envisagions alors prend forme. Mais une chose a été mal comprise à l'époque : il ne s'agissait pas de sécurité, mais de préservation du fonctionnement des systèmes d'information au quotidien. Il faut de la sécurité pour repousser les menaces. Mais comme l'entreprise peut tout de même être victime d'une attaque, il faut qu'elle soit capable de redémarrer. Pour cela il nous fallait les outils de Veritas. Ce sont les deux faces d'une même pièce. '

Ce rapprochement a semblé long...

' Nous étions deux grandes entreprises, chacune avec sa culture. La stratégie de Veritas allait vers l'automatisation de l'administration informatique, la nôtre vers l'intégrité de l'information. Faire converger les deux, articuler les deux offres, a été difficile. Cela n'a pris forme qu'une fois que nous avons été débarrassés des gens, de Veritas ou de Symantec, qui ne voulaient pas faire partie de ce nouveau Symantec. '

Pourquoi avoir revendu votre outil de gestion des performances Precise ?

' Nous sommes déjà dans le centre de données avec nos outils de gestion du stockage. Et ce qui croît le plus vite dans le centre de données, c'est le stockage. Nous n'avons pas besoin d'administrer les serveurs pour y occuper une place importante ni de gérer la performance des applications. Veritas voulait devenir une entreprise de gestion de l'outil informatique. Moi, je veux que Symantec soit une entreprise de sécurité et de stockage, de gestion de l'information. C'est l'information qui mintéresse. Le marché est trop petit. Alors je me suis débarrassé de Precise. Nous avons mieux à faire de nos ressources. '

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