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Quatre ans après sa création, le Mouvement pour une union nationale et collégiale des informaticiens (Munci) a signé le 29 octobre 2008 un accord avec le Syndicat professionnel des études, du conseil de l'informatique, de l'ingénierie et des services (Specis) qui fait partie de l'Unsa (Union nationale des syndicats autonomes).
A la suite de ce rapprochement, les deux entités vont se répartir les tâches. Le syndicat assurera la représentation dans la branche Syntec et au sein des sociétés adhérentes au syndicat patronal. De son côté, l'association, qui s’adresse à l'ensemble des professionnels exerçant dans les TIC, va se concentrer sur les activités d'information et les services aux adhérents avec, notamment, la réalisation d'une lettre de veille professionnelle, l'organisation de séminaires et d'ateliers de formation professionnelle ainsi que du coaching de carrière. Les deux entités vont donc rester indépendantes et les membres de l’association ne seront pas obligés de rejoindre le syndicat.
Le président de l'association, Régis Granarolo, va néanmoins rejoindre le bureau national du Specis. “ Nous n’allons pas devenir une organisation syndicale. Nous allons changer nos statuts pour justement renforcer notre côté associatif et nous allons essayer d’obtenir une reconnaissance d’intérêt général en s’adressant non plus uniquement aux informaticiens mais à tous ceux qui voudraient le devenir (étudiant, demandeur d’emploi…). Pour cela, nous allons faire plus d’études et d’analyses ”, précise-t-il. Au 29 mars 2008 (AG 2008), le Munci comptait 1 162 membres déclarés (331 membres adhérents et 831 membres sympathisants).
Une des priorités de cette association sera de démontrer qu’il est “ fondamental d’avoir un syndicalisme fort car c’est au niveau des entreprises que vont se jouer la plupart des négociations ”, indique Régis Granarolo.
Un défi qui sera peut-être dur à relever : moins de 0,5 % des salariés de la branche Syntec sont syndiqués contre 5 % sur l’ensemble du privé. Principales raisons : la jeunesse du secteur et des collaborateurs, la faible culture syndicale des cadres, etc. A l’inverse, le Syntec a enregistré 345 nouvelles recrues en 2007 et compte maintenant 875 entreprises. Par ailleurs, plusieurs nouvelles organisations et fédérations patronales ont vu le jour en France ainsi qu'en Europe ces douze derniers mois dans le secteur IT.
Les autres syndicats relativisent ce rapprochement. “ Avec environ 200 à 300 adhérents, le Munci n’a pas d’impact au sein des entreprises et le Specis est en réalité une coquille vide ”, affirme Ivan Beraud, secrétaire national pôle conseil de la CFDT qui compte quelque 4 000 adhérents sur le secteur. Mais il reconnaît aussi que “ cette annonce va éclaircir la situation puisqu’il y aura moins d’interlocuteurs syndicaux face aux patrons. Nous nous interrogeons néanmoins sur la réaction des autres Unsa, comme celle de Cap Gemini, qui n’a pas encore fait de commentaires sur cette alliance ”.
















