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Il aura fallu plus de deux ans pour mettre en place le premier référentiel européen de compétences, European e-competence framework, dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication, et particulièrement de l'informatique. Sous l'impulsion de la Commission européenne (CE) et notamment du CEN (European Committee for Standardization) – le comité européen de normalisation –, le chantier a associé un grand nombre d'experts provenant des différents pays européens.
En France, par exemple, le Cigref, le Syntec informatique ou l'école de management des systèmes d'informations de Grenoble (EMSI Grenoble) ont participé à ces travaux. “ C'est l'Erasmus des compétences, résume Jean-Louis Bernaudin, délégué général de l'association Pasc@line, créée par le Syntec informatique. Ce référentiel est un outil précieux pour gérer les compétences aussi bien dans le domaine de la formation initiale que de la formation tout au long de la vie. ”
Il est utile pour les informaticiens, soucieux de se positionner sur le marché en termes de compétences et d'envisager au mieux des scénarios d'évolution de carrières, ainsi que pour les jeunes diplômés, en quête d'un poste. “ C'est un travail de longue haleine mais nous voulons introduire la notion de compétences dans les programmes des écoles et des universités pour faciliter le dialogue entre ce monde là et les professionnels, explique Jean-Louis Bernaudin. Un jeune diplômé, pour se vendre sur le marché, doit pouvoir mettre en valeur ses compétences plutôt que ses diplômes. ”
De leur côté, les entreprises (services de ressources humaines, managers, etc.) peuvent s'appuyer sur ce document de référence pour construire leur propre référentiel ou pour mener à bien des actions de GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences). Avec une meilleure visibilité sur les compétences, elles sont en effet plus à même d'anticiper les besoins en formation ou en évolution de carrière de leurs collaborateurs. Et surtout, pour la première fois, les entreprises disposent d'un outil qui se veut une norme européenne, même si chaque pays pourra l'adapter à ses spécificités. Jusqu'à présent, les référentiels existants, comme celui du Cigref, n'avaient pas d'envergure internationale.
Alors à quoi ressemble concrètement ce référentiel ? Eh bien, il répertorie 32 e-compétences, qu'il classe dans cinq grandes familles correspondant aux différentes phases de l'élaboration et de la mise en place d'un système d'information : conception, construction, exploitation, gestion de l'environnement de projet et management.
La famille Conception, par exemple, regroupe sept compétences bien précises : gestion du niveau de service, plan de développement, architecture des systèmes, veille technologique, etc. La deuxième, Construction, regroupe des compétences comme le développement et l'intégration de systèmes, le test, le déploiement du système d'information, etc.
Pour y voir plus clair, le document European e-Competence Framework est consultable sur le site du CEN (Comité européen de normalisation) dans sa version synthétique et intégrale. Cela dit aujourd'hui, le plus dur reste à faire : chaque pays doit utiliser ce référentiel, voué à évoluer, parce que dans l'informatique, plus que dans tout autre secteur, les compétences deviennent vite obsolètes.
















