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Philippe Pouletty (président de l’association France Biotech et directeur général du fonds Truffle Capital), Grégoire Chertok (associé gérant de Rothschild & Cie) et Pierre-Alain de Malleray (inspecteur des finances) viennent de remettre au gouvernement un rapport sur le financement des PME innovantes en France. Conclusion du rapport : la situation est très critique en France. Les deux financiers et le haut fonctionnaire ont travaillé sous l’égide du Conseil d’analyse économique, un service de prospective rattaché au Premier ministre.
Selon une interview publiée dans Les Echos, les auteurs estiment que “ les jeunes entreprises innovantes sont dans un désert de financement ”. Selon eux, la situation est particulièrement dramatique pour les entreprises très innovantes sur des marchés émergents. Les auteurs considèrent que la racine du problème est le manque de ressources pour la recherche et proposent d’augmenter le financement de l’Agence nationale de la recherche (ANR) de 5 milliards d’euros et de la réformer pour donner un coup d’accélérateur à la recherche française.
Le rapport préconise un système à l’anglo-saxonne qui donne “ la prime à l’excellence scientifique ”. Les auteurs ne sont pas favorables aux 20 milliards de crédit d’impôt recherche sur cinq ans, qualifiés de saupoudrage qui bénéficie plus aux grandes entreprises qu’aux PME innovantes. Mais ils jugent qu’il reste beaucoup à faire en matière de fiscalité.
Les 11 propositions du rapport abordent les volets du financement de la recherche, de la fiscalité et de divers outils pour le financement des PME. Parmi ces propositions, l’encouragement des business angels par un soutien aux réseaux labellisés, le redéploiement d’aides à la R & D vers des jeunes entreprises innovantes jugées stratégiques, des mesures pour soutenir Alternext, le marché réservé aux PME, ou encore le développement de produits de type dette mezzanine (obligations à différé de remboursement).
“ En ce qui concerne le financement public, la France est en train de devenir un paradis pour les start-up ”, affirme pour sa part Carlos Diaz qui a fondé la société Blue Kiwi, spécialisée dans le déploiement de réseaux sociaux en entreprise. Il se félicite du statut de “ jeune entreprise innovante ” qui permet de bénéficier d’une exonération partielle sur les charges sociales liées aux salaires des personnels de R & D. Il apprécie aussi le crédit d’impôt recherche qui, en repoussant le paiement de l’impôt, aide les jeunes entreprises en manque de liquidités.
“ Nous venons de recevoir une aide à l’innovation d’Oséo de 720 000 euros. Dans le passé avec l’Anvar, cela avait pris huit mois pour monter un dossier, plus neuf mois pour débloquer les fonds. Là, le dossier était monté en trois mois et nous avons déjà reçu une partie des fonds ”, affirme le jeune dirigeant, qui reçoit aussi une aide de la Région Limousin où est implantée Blue Kiwi. “ Mais en France, on manque de relais privés. Les banques ne soutiennent pas l’innovation et l’argent manque pour les projets en amorçage, continue-t-il. Au 15 septembre, il y a eu un arrêt brutal des investissements dans les entreprises en création ”. La faute à la crise, évidemment.
















