Salaires : le Syntec annonce une période de vaches maigres
Baisse du turn-over, frein sur les recrutements. Selon le Syntec, la crise financière risque de geler l'évolution des salaires dans l'informatique.
01net.
le 05/11/08 à 17h23
Pour 2009, les salariés de l'informatique doivent-ils se préparer à une période de vaches maigres ? Apparemment oui. Du moins, si l'on en croit l'analyse du Syntec informatique. Selon le syndicat patronal, l'année 2008 se terminera
avec une croissance confortable de 6 %. Le premier semestre 2009 ne devrait pas être trop mauvais non plus, avec une croissance entre 2 et 4 %. ' Les carnets de commandes sont pleins ',
rassure Jean Mounet, président du Syntec. Au-delà de ces six premiers mois, c'est le brouillard.
Mais une chose semble être acquise : les salaires dans l'IT feront partie des dommages collatéraux de la crise. ' Compte tenu d'une croissance moins forte et de la pression sur les prix, nous nous dirigeons
vers une grande modération salariale ', explique le président. Le secteur va continuer à embaucher, mais certainement moins que cette année durant laquelle plus de 15 000 postes ont été créés.
Peu d'échappatoires
Dans ce schéma qui se dessine, il n'y aura pas beaucoup d'échappatoires. Le turn-over dans les SSII, qui permettait à beaucoup d'informaticiens de négocier leur salaire ou d'obtenir de nouvelles responsabilités,
commence déjà à baisser, ' parfois même de manière spectaculaire ', précise Jean Mounet. C'est normal : les salariés ne veulent pas prendre le risque de changer d'employeur. Ils préfèrent rester en
place, bien au chaud, et attendre l'embellie. Pour Yvan Beraud, secrétaire national pôle conseil à la CFDT, cet immobilisme risque d'ailleurs de générer des problèmes au sein même des entreprises. ' Le nombre de personnes
mécontentes va augmenter si les salaires n'évoluent pas, surtout si l'inflation reste à un niveau élevé. Les entreprises devront donc adapter leur politique RH ', explique-t-il.
Sur le marché de l'emploi, les informaticiens ne pourront pas non plus se tourner vers les éditeurs. Selon le Syntec, ces derniers comptent geler leurs embauches tant qu'il y aura une incertitude sur l'évolution du marché.
Les prestations en régie sont les plus menacées
Enfin, les chances de se faire embaucher par un client final, chez qui les salaires sont généralement plus élevés que dans les SSII, se réduisent également. C'est particulièrement vrai pour le secteur financier qui freine ses
investissements et qui a toujours embauché une part non négligeable d'informaticiens, avec à la clé des progressions salariales de plusieurs dizaines de pourcents.
Se placer auprès d'un client final deviendra d'autant plus dur que le principal tremplin prend l'eau : la prestation en régie. En effet, le conseil et l'assistance sur site vont subir la crise de plein fouet.
' Dans l'automobile, la finance et l'immobilier, ça va cogner fort, prevoit Yvan Beraud. Les contrats de prestation sont encore en train d'être renégociés pour le début du mois de janvier, mais il faudra
s'attendre à des baisses de -20 à -40 %. '
Certains métiers devraient s'en sortir mieux que d'autres, comme l'infogérance d'infrastructure, l'infogérance d'application ou le conseil en technologies. Dans ces trois domaines, le Syntec pronostique une
' bonne dynamique ' pour 2009.