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L'élection de Barack Obama pourrait-elle nuire au secteur indien de la high-tech ? Nombre de professionnels se posent la question, ce qui tempère un peu l'enthousiasme ressenti spontanément pour le nouveau président américain.
Cela peut sembler plutôt étonnant. L'un des premiers messages de félicitations envoyés par une institution indienne au futur président des Etats-Unis, mercredi 5 novembre en tout début de matinée, provient de Nasscom, l'organisation patronale du secteur high-tech. Cette précipitation reflète une nervosité certaine. Si les entreprises informatiques indiennes se sont empressées de saluer une “ victoire historique ”, c’est parce qu’elles en redoutent un peu les conséquences…
En effet, pendant sa campagne, le candidat démocrate a maintes fois critiqué les délocalisations qui affectent l’emploi américain. Et il a promis de mettre en place des mesures pour encourager les entreprises américaines à rapatrier leurs emplois – ou du moins à ne pas les délocaliser davantage.
L'éventualité de tentations protectionnistes, conformes à une certaine tradition démocrate aux Etats-Unis, risque fort, a priori, de nuire aux activités de BPO (business process outsourcing) qui font la fortune des entreprises de Bangalore et d'autres villes indiennes “ branchées ”. Celles-ci redoutent en particulier une politique restrictive en matière de visas, qui pénaliserait sérieusement leurs activités aux Etats-Unis.
Dans les milieux professionnels, on cherche malgré tout à se rassurer, en affirmant par exemple que les propos du candidat démocrate visaient essentiellement les emplois dans l’industrie lourde américaine… Mais l'inquiétude est suffisamment vive pour que le ministre des Finances soit intervenu dans le débat. S'exprimant “ à titre personnel ”, M. Chidambaram a affirmé mercredi que les entreprises informatiques et de BPO ne devraient pas trop s'en faire.
Une fois aux affaires, a-t-il expliqué, Barack Obama “ se rendra compte que nous sommes dans un monde interconnecté et que les pays doivent travailler ensemble ”. En clair : n’attachons pas trop d'importance à des propos de campagne électorale !
Le paradoxe, c'est que les professionnels indiens de la high-tech sont inquiets pour leur portefeuille, mais leur cœur, lui, est tout entier acquis à Barack Obama. Perçu ici comme un “ citoyen du monde ”, le démocrate était bien entendu le favori des Indiens, où qu'ils soient. Aux Etats-Unis, de nombreux reportages publiés par la presse ont montré que l'enthousiasme pour le premier Noir à devenir président est particulièrement développé chez la très importante communauté indienne, très présente dans les hautes technologies.
A Bangalore, il s'est même trouvé suffisamment de fans d’Obama pour créer un comité de soutien. Le “ Barack Obama Bangalore Fan Club ” a mené une campagne de mobilisation assidue précisément auprès des Indiens expatriés outre-Atlantique qui ont le droit de voter. Et il a même levé des fonds : 200 000 roupies – 4 000 dollars environ. Pas beaucoup à l'échelle des sommes brassées par Barack Obama pendant sa campagne, mais l'intention y était !
















