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Le constat est sans appel : être informaticien, c’est stressant ! Et bien plus encore : dans les métiers et milieux informatiques, vous courez plus de risques qu’ailleurs d’être confronté à la souffrance au travail. Les cas de médiatisés suicides d’employés du technocentre de Renault, de GFI Informatique ou d’IBM ont alerté l'opinion publique, les salariés et leurs dirigeants.
Ces drames ne sont hélas que la partie émergée de l’iceberg. Urgence, solitude, management déstructuré, mauvaises conditions de travail : l’informatique frôle souvent la zone rouge. “ Nous travaillons avec plusieurs entreprises informatiques et nous avons le sentiment aujourd’hui que c’est l’un des milieux les plus exposés, plus que l’industrie par exemple. Dans les problèmes psychosociaux, on parle de facteurs de risque, ici extrêmement forts, dus au style organisationnel ou à la productivité par exemple, et de facteurs de protection, ici extrêmement faibles, dus en particulier à une piètre culture managériale ”, résume Patrick Légeron, directeur du cabinet de conseil Stimulus et coauteur d’un rapport remis cette année au ministre du Travail sur la détermination et la mesure des risques psychosociaux au travail.
La question du stress est encore souvent résumée en France à des problèmes personnels, sans que soient pris en compte les aspects organisationnels. L'expression “ bien-être au travail ” fait sourire : travailler, c’est souffrir et avoir la sueur au front. Et le débat interne est souvent stérile entre salariés et patrons. Les premiers mettent en cause l’organisation ; les seconds une fragilité de l’individu.
La vérité est bien plus nuancée, un homme en souffrance l’est pour un faisceau de raisons. Et les interventions en entreprise devraient être multiples. “ Il y a des préventions primaires, pour agir à la source. Même si on peut parfois difficilement intervenir sur certains facteurs : à la RATP, par exemple, le plus difficile pour les salariés est de faire face à l’agressivité des passagers. Il y a ensuite des préventions secondaires : aider chacun à faire face au stress. Et il y a des préventions tertiaires, d’aide psychologique, une fois l’affection de stress développée. Il faut agir sur ces trois axes et, évidemment, les approches primaires seraient les plus souhaitables ”, note Patrick Légeron.
Dans le monde policé des cols blancs informaticiens, le stress a longtemps été tabou. “ Il y a dix ans, notre PDG nous a fait un speech comme quoi celui qui ressentait du stress avait atteint son seuil d’incompétence, explique la déléguée syndicale d’une grande SSII. Cette année, pour la première fois, la direction a utilisé le mot “ stress ”, indiquant bien sûr que le risque était faible. Mais c’est déjà un début d’évolution ! ”
Le stress est une réaction normale du corps “ face aux modifications, exigences, contraintes ou menaces de son environnement, en vue de s’y adapter ”, d’après Hans Selye, inventeur de la théorie du stress.
Quand devient-il dangereux ?
Quand un déséquilibre s’installe entre “ la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ”, selon l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail.
Quelles sont les étapes du stress professionnel ?
Un stress ponctuel se résorbe facilement. Un stress long ou chronique fait apparaître les premiers symptômes physiques et psychologiques. Un stress aggravé provoque le burn out, la phase d’épuisement physique et psychologique. Au Japon, on rencontre une étape extrême du burn out, le karoshi, soit la mort brutale du sujet au travail.
Où se cachent les facteurs de stress professionnel ?
Dans la charge de travail, l’organisation, les changements, les frustrations, les relations et l’environnement.
















