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Serveurs, postes de travail, applications : que fallait-il encore à VMware ? Les mobiles ! Ce manque est désormais comblé, puisque le leader et pionnier de la virtualisation sur serveur x86 vient d'officialiser le rachat (pour un montant non divulgué) de la société grenobloise Trango Virtual Processors, un des spécialistes les plus intéressants de la virtualisation pour mobile. VMware compte proposer d'ici à 2009 sa Mobile Virtualization Platform (MVP), probablement une adaptation de son ESX pour des terminaux embarqués dotés de processeurs ARM. Bien évidemment, les détails ne sont pas encore connus.
Avec cette acquisition, VMware entre dans un marché émergent, même si Trango ou ses concurrents, comme VirtualLogix (fondé notamment par Intel), sont déjà sur le créneau depuis plusieurs années. Trango a déjà passé des accords avec de nombreux fabricants de microprocesseurs mobiles, comme ARM et MIPS. Sa popularité sur le marché lui a certainement donné un avantage sur ses concurrents, mais c’est surtout sur la technologie que la différence s'est faite.
Pour faire simple, la virtualisation des mobiles est très proche de celle des serveurs. Elle repose sur un hyperviseur ultraléger avec une empreinte mémoire ne dépassant pas 30 ko qui permet de faire tourner plusieurs OS sur un seul terminal. On peut par exemple envisager la cohabitation (sécurisée) sur un même téléphone d’un Windows CE et d'un Symbian, d'un Linux ou même d'un OS temps réel (RTOS). Les usages sont multiples (voir l'encadré).
L'hyperviseur de Trango a l'avantage de pouvoir tourner en mode privilégié (paravirtualisation) dans le noyau des processeurs, ce qui assure une véritable étanchéité des machines virtuelles et donc une grande sécurité. Trango a quelques limites, notamment dans le nombre d’OS pris en charge (Windows CE 5.0 et 6.0, Linux 2.6, Symbian 9 et certains, moins connus, comme eCos, muITRON NORTI et muC/OS-II). Mais tout est encore à construire. Pas étonnant qu'une société comme VMware, férue d'innovation mais aussi obligée de devancer une concurrence féroce – notamment Microsoft –, ait encore une fois saisi l’opportunité de se différencier.
Car VMware veut devenir un acteur aussi incontournable dans la mobilité qu'il l’est dans les serveurs. L'hyperviseur pour mobile est la brique qui manquait à sa vision vClient et notamment à VMware View, le client universel. “ Il sera ainsi possible de déployer n'importe quel type d'application sans se soucier du terminal sur lequel elle va finir. Cela va simplifier l'administration, l'intégration et la sécurité des terminaux mobiles ”, assure Fredrik Sjöstedt, directeur du marketing produit de VMware. Certains y voient une excellente nouvelle, tandis que d'autres considèrent que VMware n'a rien à faire sur ce marché.
Reste que, comme cela a été le cas avec les serveurs, VMware devra composer avec les éditeurs d'OS embarqués comme Microsoft, Apple, RIM, Palm et Google, qui ne verront pas forcément d'un bon œil l'idée de partager leurs OS sur un même terminal. Mais les besoins sont tels que la mayonnaise a des chances de prendre. Ainsi, il est fort probable que l'on assistera prochainement à d'autres acquisitions du même type. Un VirtualLogix serait peut-être intéressant pour un Microsoft.
Selon le Gartner, d'ici à 2012, 50 % des nouveaux smartphones seront virtualisés. Une prédiction sans grande surprise, tant les possibilités de la virtualisation sur mobile sont nombreuses. Les fournisseurs d'applications, qui doivent faire face à un changement constant des processeurs, des terminaux et des systèmes d'exploitation et réécrire leurs applications pour chacun, y voient forcément un intérêt. VMware compte toucher les opérateurs téléphoniques, les entreprises et les utilisateurs finaux de téléphones portables.
Pour les opérateurs téléphoniques, la commercialisation des portables en sera accélérée : la multiplicité des chipsets, des systèmes d’exploitation et des pilotes complique la donne, puisqu'il faut porter une application donnée sur chaque plate-forme. Avec la virtualisation, les opérateurs pourront développer un seul logiciel, avec un seul système d'exploitation et un seul jeu d’applications. Ils pourront aussi isoler les services sécurisés (droits, authentification, facturation) et les exécuter dans des machines virtuelles séparées du reste des applications.
Côté entreprise, les avantages sont également multiples, notamment en sécurité. La virtualisation permet aux directions informatiques de déployer un profil d'entreprise sur le téléphone de chaque employé, à côté de son profil personnel, car les machines virtuelles sont isolées. L'utilisateur final pourra, quant à lui, déplacer facilement ses données d'un terminal à un autre. Tout comme dans la virtualisation de serveur ou de poste de travail, la virtualisation pour mobile génère aussi de simples fichiers, simples à déplacer. Facile alors de passer d'un BlackBerry à un iPhone et vice et versa.
















