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En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Les entreprises indiennes de sous-traitance informatique et les centres d’appels sont-ils des lieux de luxure ? C’est la grave question qui se pose après l’appel lancé par les autorités sanitaires du pays en faveur de l’installation de distributeurs de préservatifs dans les bureaux de ces entreprises high-tech.
Selon les organismes de lutte contre le Sida de Bombay ou encore de l’Etat de l’Andhra Pradesh – où les entreprises de technologie sont très présentes –, la population des firmes de BPO (business process outsourcing, c’est-à-dire la sous-traitance informatique) et des centres d’appels téléphoniques des lieux à haut risque.
Les employés sont le plus souvent jeunes, éduqués, urbains, célibataires et aisés. Et pour ne rien arranger, ils travaillent à des heures bizarres : en contact direct avec des clients situés en Europe ou aux Etats-Unis, il leur arrive souvent de passer la nuit entière sur leur lieu de travail… Ce qui suscite, croit-on comprendre, des tentations parfaitement immorales.
Pour lutter contre la propagation du Sida, les pouvoirs publics demandent donc aux entreprises de high-tech d’installer des distributeurs de préservatifs à côté des machines à café (plutôt à thé, en Inde). Embarras immédiat des entreprises concernées : d’un côté, elles veulent bien sûr se montrer bonnes citoyennes, conscientes des problèmes de santé publique, prêtes à faire leur devoir. Mais de l’autre, elles redoutent par dessus tout d’être assimilées, dans l’esprit d’un grand public indien encore très puritain, à des lieux où la jeunesse moderne se livrerait au stupre et à la fornication.
Les employés cités dans la presse ont beau affirmé que les règles internes de leurs employeurs et que les rythmes de travail font qu’il ne leur reste guère le temps de faire quoi que ce soit d’autre que de travailler, rien n’y fait. Résultat : les autorités sanitaires affirment que la mise en place des fameux distributeurs s’effectue de façon soutenue… mais que les entreprises participant au programme refusent toutes d’être identifiées !
















