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C’était trop beau pour être vrai. Lors de l'Intel Developer Forum, organisé en février 2004, le fondeur présentait un projet de nouvelle technologie sans fil extraordinaire : l’UWB (Ultra Wide Band).
Plus connue sous l'appellation Wireless USB, elle promettait de transférer des photos vers un ordinateur ou de mettre des MP3 sur un baladeur sans aucun fil. Il suffisait d’appuyer sur un petit bouton pour que les données soient transmises par ondes radio à grande vitesse : 480 Mbit/s dans un rayon de trois mètres et 110 Mbit/s dans un rayon de dix mètres. Du moins en théorie ! Lors du Computex 2007, des démonstrations stagnaient entre 30 et 50 Mbit/s.
Mais aujourd’hui, Intel jette l’éponge. Deux raisons sont évoquées par le fondeur. Premièrement, l'incapacité d'alimenter les périphériques disposant de cette puce sans un... câble. “ La nécessité d’avoir un câble d’alimentation est une problématique propre à tous les équipements radio dont on veut supprimer tous les câbles. Mais c’est encore plus vrai pour l’UWB, car les produits visés et les composants qui assurent le transfert de données consomment beaucoup d’énergie ”, explique Fabrice Roudet, expert en communication sans fil chez Schneider Electric. Cette consommation excessive est le deuxième obstacle selon Intel.
D’autres écueils peuvent également expliquer ce retrait. “ Pour qu’un fondeur engage de gros moyens en R&D, il faut qu’il y ait un marché important. Or, depuis plusieurs années, l’UWB bute sur l’absence de régulation au niveau international des bandes de fréquences autorisées. Résultat, une toute petite partie de la bande 3,1-10,6 GHz peut être commune à tous les continents. Cela restreint les applications ”, indique Fabrice Roudet. Et pour ne rien arranger, une partie de la bande exploitable partout se situe autour de 5 GHz, un seuil qui pose des problèmes techniques au niveau des composants.
Cette absence de marché de masse explique le prix encore élevé des puces UWB, aux environs de quatre euros l’unité.
Enfin, l’UWB ne repose pas sur des standards ouverts comme le Bluetooth ou le Wi-Fi. La technologie a pourtant fait des émules. Séduits, Dell et Lenovo ont commercialisé en 2007 quelques modèles de PC portables bénéficiant du WUSB. En janvier dernier, Belkin a sorti un hub USB qui était le premier produit Wireless USB européen. “ Nous allons poursuivre la R&D et l'identification d’applications. Nous allons également continuer à développer des partenariats avec des entreprises travaillant sur cette technologie afin d’identifier de nouvelles solutions ”, explique-t-on chez Belkin aux Etats-Unis.
Aujourd’hui, aucune solution ne peut succéder à l’UWB. Présenté par certains comme une alternative, le Zigbee n’est pas approprié. “ Cette technologie part du principe que vous avez une application qui a un faible débit (250 Kbit/s). Elle va être adaptée pour transmettre la température d’un capteur ou pour demander un relevé à un compteur électrique. Ce sont des messages courts ”, indique Fabrice Roudet.
Reste à savoir si la décision d’Intel signe la mort définitive de l’UWB. Le retrait d'Intel intervient en tous les cas en même temps que l’arrêt de la production de puces UWB chez Wiquest, principal fabricant de ces composants. Cet arrêt est d’autant plus surprenant que Wiquest avait obtenu en octobre dernier le feu vert de la Federal Communications Commission pour la commercialisation de composants certifiés WUSB.
















