La téléphonie mobile, sésame de l'Internet en Inde
Les géants mondiaux de la téléphonie mobile convoitent le marché indien. Coup sur coup, le japonais NTT DoCoMo et le norvégien Telenor viennent d'effectuer des investissements massifs dans le pays.
01net.
le 20/11/08 à 10h50
Dans un contexte économique déprimé, qui se traduit par une chute libre des opérations de fusions-acquisitions, voilà qui tranche : le géant japonais de la téléphonie, NTT DoCoMo, vient d'acheter une participation de 26 %
dans Tata Teleservices, filiale de téléphonie mobile du groupe Tata, pour 2,1 milliards d'euros. Deux semaines plus tôt, c'est le norvégien Telenor qui avait frappé fort en achetant 60 % de la firme Unitech Wireless,
société de téléphonie mobile qui n'a à ce jour ni réseau ni client : le milliard d'euros payé par Telenor correspond simplement à la valeur estimée des licences d'Unitech...
Dix millions de nouveaux clients en un mois
Pourquoi un tel engouement pour la téléphonie mobile indienne où de nombreux acteurs, comme Vodafone par exemple, sont déjà présents ? D'abord pour profiter d'une croissance exceptionnelle. Le ralentissement qui
affecte actuellement l'économie indienne ne touche en rien la téléphonie. En septembre dernier, un record a été battu avec pour la première fois plus de 10 millions de clients recrutés en un mois !
Et selon les projections de Gartner, le nombre d'abonnés à la téléphonie mobile en Inde devrait passer de 310 millions actuellement à 737 millions dans quatre ans. Mais l'enjeu va bien au-delà de la
fourniture de simples services téléphoniques vocaux. C'est en fait toute la problématique de l'accès à Internet dans un pays émergent qui est posée. Pour l'immense majorité de la population, l'acquisition d'un
ordinateur est tout simplement impensable. En revanche, l'usage du téléphone mobile se démocratise à toute vitesse et dépasse déjà largement les classes moyennes. Dans les grandes villes, il est désormais fréquent que chauffeurs de rickshaws
et femmes de ménage aient leur portable en dépit de leurs salaires extrêmement faibles. Dès lors, c'est bien le téléphone portable qui deviendra le moyen privilégié d'accès à Internet.
Des enchères pour les licences 3G prévues en 2009
Au début de l'année prochaine auront lieu les enchères pour les licences de la 3G, qui devraient susciter beaucoup d'intérêt. NTT DoCoMo est un grand spécialiste de cette technologie, dont il a été le précurseur au Japon.
Et son alliance avec Tata semble s'inscrire très clairement dans la perspective de la fourniture de services sophistiqués sur les mobiles de nouvelle génération.
Ces derniers s'adresseront sans doute, dans un premier temps, aux couches les plus aisées du pays. Mais l'énorme marché qui reste à conquérir est celui de l'Inde rurale où les clients potentiels se chiffrent par
centaines de millions. Là, des technologies moins sophistiquées seront employées au début. Telenor, qui a déjà une grosse expérience de la fourniture de services téléphoniques dans les pays pauvres, avec sa présence au Bangladesh, a fait savoir
qu'il ne postulerait pas à la 3G. En revanche, toutes sortes de services conçus spécialement pour le monde rural indien sur les téléphones mobiles actuels sont envisagés par les opérateurs, depuis les cours des produits agricoles et la météo
jusqu'à des informations sur les techniques agricoles et les questions médicales.