<i>01net.</i> : Comment se fait-il qu'un vendeur de livres devienne un pionnier du <i>cloud computing</i> ?
Adam Selipsky : C'est vrai que cela peut paraître surprenant. Mais Amazon est avant tout une société technologique. Nous avons investi beaucoup de temps et d'énergie pour mettre en place une infrastructure informatique
Web qui soit à la fois flexible et peu coûteuse. Cette plate-forme nous a d'abord servi à vendre des livres. Nous l'avons progressivement étendue pour pouvoir vendre d'autres articles de consommation et intégrer des vendeurs tiers. Nous avons
ensuite mis à la disposition des entreprises ce savoir-faire technologique, sous la forme de services Web.
La première offre d'Amazon Web Services a été lancée en mars 2006, avec le service de stockage en ligne S3. Depuis, nous avons proposé d'autres services comme EC2, un cluster de serveurs à la demande, et FPS, une
plate-forme de paiement. Le nombre d'utilisateurs de nos services Web est en forte croissance. Ils étaient 400 000 développeurs inscrits au deuxième trimestre 2008. Ils sont 440 000 au troisième.
En dépit de cette richesse fonctionnelle, beaucoup d'entreprises se méfient encore du <i>cloud computing...</i>
Nous faisons tout pour les rassurer. Nous proposons des contrats de niveau de service pour S3 et, depuis peu de temps, pour EC2. Nous nous engageons sur un taux de disponibilité de respectivement 99,9 % et 99,95 %. En cas de
manquement de notre part, le client bénéficie d'un avoir. Il est prévu de définir des engagements de service pour les autres offres également. Par ailleurs, nous voulons rapprocher nos services de nos clients. S3 est d'ores et déjà disponible à
travers des datacenters européens spécialement créés pour cela. Ce qui facilite le respect de certaines lois européennes. Le service EC2 sera, lui aussi, hébergé très prochainement dans des datacenters
européens.
Annoncé en septembre dernier, le nouveau service de diffusion de contenu d'Amazon est disponible en version bêta. Baptisé CloudFront, cette offre concurrente d'Akamai permet de diffuser des fichiers multimédias grâce à quatorze datacenters censés apporter le contenu au plus près des utilisateurs. En Europe, les serveurs de CloudFront sont installés à Amsterdam, Dublin, Francfort et Londres.
Le client paie en fonction du volume de données qui a transité par le réseau. Les tarifs sont dégressifs. Pour l'Europe, il faut compter 0,17 dollar par gigaoctet pour les dix premiers téraoctets, 0,12 dollar par gigaoctet pour les quarante téraoctets suivants, etc. Par ailleurs, Amazon facture 0,012 dollar pour 10 000 requêtes HTTP-GET.
CloudFront est, évidemment, interopérable avec les autres services d'Amazon. On peut donc créer un service Web sur EC2 et utiliser CloudFront pour assurer la distribution des images du site. ' Notre service de diffusion de contenu est un service à haute performance, à faible latence et à faibles tarifs. Il est destiné à la fois aux PME et aux grandes entreprises ', précise Adam Selipsky.
Signalons par ailleurs que Capgemini va s'appuyer sur les services de cloud computing d'Amazon Web Services pour proposer de nouvelles offres d'infogérance aux grandes entreprises. Trois types de prestations ont été définis pour l'instant : deux logiciels en ligne (Microsoft Sharepoint et Oracle ERP) et des services de test et de développement d'applications.



