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En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Bangalore, capitale de la high-tech indienne, Silicon Valley du Sous-Continent… Je viens d’y passer quelques jours, dix-huit mois après ma visite précédente, et deux impressions dominent : le développement de la ville se poursuit à un rythme fou et, simultanément, ses problèmes ne semblent pas se régler du tout…
Tirée en avant par le développement vertigineux des secteurs de l’informatique, de la sous-traitance et des centres d’appels, cette ville de plus de 5 millions d’habitants est, à certains égards, en avance sur les autres “ mégapoles ” indiennes. En témoigne le somptueux aéroport inauguré voici quelques mois, où tout est flambant neuf et d’une propreté exemplaire, des bâtiments jusqu’aux chariots à bagages.
Dans la rue, le mode de vie imposé par une population de jeunes spécialistes éduqués et bien payés se traduit par une prolifération de “ Coffee Day ”, équivalent local des Starbucks. Des lieux où l’expresso se vend pour l’équivalent d’une journée de travail d’un ouvrier agricole, inaccessibles aux communs des Indiens. Mais la modernisation triomphante de Bangalore a ses limites. L’aéroport est relié au centre-ville par une superbe autoroute à deux fois trois voies… qui s’interrompt à sa jonction avec la ville par un passage en terre battue où les voitures roulent au pas entre les nids de poule.
Les embouteillages sont pires que jamais ! Pour aller du centre-ville au campus d'une société informatique, le trajet peut prendre entre une heure et une heure trois quarts – durée imprévisible qui plus est. Pour les salariés des SSII, se rendre à leur travail est un casse-tête permanent. Certains employeurs déploient d’ailleurs des efforts considérables pour traiter la question. Le groupe américain Cisco, par exemple, utilise une flotte de près d’une centaine de gros monospaces pour assurer le transport de ses employés. Mais la voirie reste ce qu’elle est : épouvantable.
“ Le pire, c’est pendant la mousson, quand le périphérique externe de Bangalore, à peine goudronné par endroits, se transforme en champ de boue, avec parfois la moitié des voies complètement sous l'eau, se souvient un expatrié dans une entreprise informatique française. Ça fait bizarre de sortir d'un bureau avec air conditionné, style La Défense, pour se retrouver dans un bus peinant à passer dans un mètre d'eau, avec juste à côté des gens poussant leur bicyclette, de l'eau jusqu'à la taille. ”
















